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Enquête jeudi 29 novembre 2012

Une «affaire Bettencourt» à Zoug?

Le responsable des Finances de la Ville de Zoug, Ivo Romer (PLR), est soupçonné d’abus de confiance à l’égard d’une riche Hollandaise. Il aurait ainsi détourné plusieurs millions de francs

Le responsable des Finances de la Ville de Zoug, Ivo Romer, est soupçonné d’abus de confiance à l’égard d’une riche Hollandaise, Alice Erika de Beaufort-Bubeck, décédée en 2011 dans la ville alémanique. Il aurait ainsi empoché plusieurs millions de francs, annonçait jeudi la Weltwoche. Le Ministère public, qui confirme l’information, a ouvert une enquête sur cette affaire, qui n’est pas sans rappeler certains épisodes de la saga Bettencourt en France.

Au début des années 2000, la veuve, alors âgée de 89 ans, s’adresse à UBS pour faire gérer une fortune de plusieurs millions dont elle a hérité suite au décès de son mari. Elle rencontre en 2004 Ivo Romer, 40 ans, qui devient son conseiller. En 2007, il quitte la banque pour créer sa propre entreprise de gestion financière. Il s’occupera notamment de la fortune de Madame de Beaufort.

Celle-ci lui confie très vite la toute-puissance sur ses avoirs, relève l’enquête. Parallèlement, elle se distancie de sa famille. Cette dernière n’a plus accès aux informations liées à ses avoirs. A son décès, 20 000 francs figurent sur son compte. En 2004, ce montant atteignait 6 871 000 francs.

Une demeure rénovée

Une plainte pénale a été déposée contre le financier en avril dernier par les héritiers de la famille. Les enquêteurs ont procédé à plusieurs perquisitions fin octobre. L’une des interventions a visé les bureaux de sa société.

Les faits reprochés ne sont en rien liés au rôle politique d’Ivo Romer, a précisé au Temps Judith Aklin, porte-parole du Ministère public zougois. Son élection au sein de la municipalité remonte à 2009.

L’argent aurait notamment servi à la rénovation d’une maison familiale à Bâle, à la création d’une fondation dont Ivo Romer serait le seul responsable, et aux affaires professionnelles du Zougois. Il en aurait fait usage pour des versements liés à sa propre entreprise.

Selon l’hebdomadaire alémanique, la vieille dame aurait approuvé une grande partie de ces opérations. Ce que contestent ses enfants. Ceux-ci n’auraient eu conscience de l’ampleur des démarches qu’après le décès de la veuve.

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