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chine lundi 22 mars 2010

Ouverture du procès sensible de Rio Tinto

AFP

Le consul général d’Australie Tom Connor se rendant au tribunal. (Keystone)

Le consul général d’Australie Tom Connor se rendant au tribunal. (Keystone)

L’annonce ce matin que le responsable du groupe minier anglo-australien allait finalement plaider coupable de corruption a créé la surprise à Shangaï, dans un procès surveillé de près par le monde des affaires

Le procès sensible de quatre employés de Rio Tinto, accusés d’espionnage industriel et de corruption en Chine, s’est ouvert lundi, avec l’annonce surprise que le responsable du groupe minier à Shanghai allait plaider coupable de corruption.

L’Australien Stern Hu, directeur du bureau de Rio Tinto à Shanghai (est), et trois employés chinois du groupe anglo-australien sont jugés jusqu’à mercredi pour avoir obtenu des «secrets commerciaux» par des moyens «illégitimes» et pour des pots de vin présumés.

Ce procès est suivi de très près par le monde diplomatique et les hommes d’affaires étrangers, soucieux de voir si la Chine tient ses promesses de justice transparente.

Peu après l’ouverture des audiences, un avocat joint par téléphone par l’agence Dow Jones Newswire a indiqué que Stern Hu et l’un de ses collaborateurs chinois, Liu Caikui, avaient décidé de plaider coupables, dans le volet corruption du procès. Cela peut leur valoir jusqu’à cinq années de détention, a précisé Tao Wuping, défenseur de Liu, cité par l’agence.

Ils contestent cependant les montants des pots-de-vin qu’ils auraient reçus selon l’accusation: près de 650.000 euros pour Stern Hu, la moitié de cette somme pour Liu Caikui, a expliqué Me Tao.

Les deux autres accusés, Ge Minqiang et Wang Yong, n’auraient pas encore décidé ce qu’ils allaient plaider.

Les entreprises étrangères très vigilantes

Présent à Pékin pour un forum économique fermé à la presse étrangère, le PDG de Rio Tinto Tom Albanese a indiqué lundi qu’il «attendait respecteusement le résultat du processus légal chinois». Mais il a aussi souligné que cette affaire était un sujet «de grande préoccupation» pour Rio Tinto, «comme elle le serait pour toute compagnie opérant en Chine».

L’arrestation de Stern Hu et de ses collègues a tendu les relations sino-australiennes et semé l’inquiétude dans la communauté des affaires étrangère qui attend aujourd’hui un procès «transparent».

Lundi seule une poignée de journalistes, apparemment représentants de médias officiels chinois, a pu pénétrer dans l’enceinte du tribunal parmi la cinquantaine de reporters rassemblés devant le siège du tribunal intermédiaire No 1 de Shanghai, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le consul général d’Australie Tom Connor est aussi entré, en se refusant à tout commentaire, indiquant qu’il parlerait plus tard aux médias.

Les avocats se sont également abstenus de toute déclaration. Les audiences lundi étaient publiques, selon un porte-parole du tribunal.

Selon les annonces la semaine dernière du tribunal, seules les audiences consacrées aux accusations de corruption doivent être ouvertes au public. Mais Canberra a demandé que des représentants consulaires australiens puissent assister à l’intégralité des audiences.

Un contexte tendu

La Chine qui affirme que les droits des accusés «seront pleinement respectés», n’a jamais détaillé les accusations.

Les quatre hommes avaient été interpellés début juillet, alors que les sidérurgistes chinois menaient d’âpres -- et finalement vaines -- négociations sur le prix du minerai de fer avec les géants miniers étrangers, dont Rio Tinto.

Les médias chinois avaient alors laissé entendre que Rio Tinto et d’autres grandes compagnies minières auraient corrompu des industriels chinois pour avoir accès à certaines données»sensibles» dans le cadre des négociations, comme les niveaux des stocks, les prévisions de production, ainsi que des informations financières.

Analystes et hommes politiques australiens avaient aussi relevé que cela intervenait aussi juste un mois après l’échec d’un accord stratégique important entre Rio Tinto et le géant public chinois de l’aluminium Chinalco, qui voulait doubler sa participation au capital du groupe anglo-australien contre un apport de près de 20 milliards de dollars.

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