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Sommet vendredi 14 décembre 2012

Aux yeux des dirigeants européens, l’année 2012 se termine sur une note optimiste

José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. (Reuters)

José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. (Reuters)

Les Vingt-Sept estiment que la crise est derrière, même s’il reste encore beaucoup à faire

Une bonne semaine pour l’Europe. Lors de la première session du sommet européen qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi, les chefs d’Etat et de gouvernement ont estimé que le mécanisme de supervision unique qui a été accepté la veille par les ministres des Finances est un grand pas en avant pour renforcer le système bancaire (MSU) européen et pour donner une impulsion à la compétitivité et à la croissance en Europe.

Au total, la Banque centrale européenne se voit la tâche de superviser la viabilité de 6000 banques continentales. «Nous avons décidé de mettre sur pied l’Union bancaire en septembre et nous arrivons, trois mois plus tard, avec des propositions concrètes», a déclaré Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, à l’issue de la réunion. «Le mécanisme est ouvert à tous les pays de l’UE, mais laisse la porte ouverte à ceux qui choisissent de ne pas en faire partie.» Les détails du MSU seront présentés lors du sommet européen en juin 2013. «Il est impératif de casser le cercle vicieux entre les banques et les dettes souveraines.»

«Nous disposons maintenant d’un arsenal bien plus complet: un pacte de croissance, un pacte budgétaire, un mécanisme permanent de stabilité, une taxe sur les transactions financières, une supervision bancaire unique, a commenté le président français François Hollande. Nous sommes en train de régler les questions à l’origine de la crise. Pour moi, je le répète, les conditions d’une sortie de crise sont réunies.» Pour la chancelière allemande Angela Merkel, «les résultats sont là, la confiance peut revenir. Regardons le travail qui a été fait et le chemin parcouru. La priorité pour 2013 doit maintenant être le soutien à l’emploi.»

«Les chefs d’Etat et de gouvernements ont clairement fixé quatre objectifs lors de cette soirée, a poursuivi Herman Van Rompuy. Il s’agit de coordonner la mise en place des réformes dans les grandes économies, d’y intégrer les dimensions sociales des mesures prises, d’appliquer les contrats agréés pour augmenter la compétitivité européenne et enfin de prévoir un mécanisme de solidarité entre Etats.» Pour José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, le pire de la crise est derrière, même si beaucoup reste à faire.

«Le mécanisme européen de stabilité qui est entré en fonction en mai était un grand pas pour contenir la crise de la dette, mais la stabilisation n’est pas encore garantie», a-t-il expliqué. Pour lui, les décisions prises par le sommet donnent une feuille de route pour compléter la construction de l’Union monétaire européenne.

Dans la foulée, Herman Van Rompuy a expliqué que la décision de débloquer enfin une tranche de crédit de 34 milliards d’euros pour la Grèce qui était gelée depuis juin constitue aussi l’autre bonne nouvelle de la semaine; elle montre aussi la capacité de l’UE à se montrer solidaire avec ceux qui sont en difficulté.

Les dirigeants européens n’ont pas manqué de commenter la crise politique qui secoue l’Italie depuis l’annonce de l’ancien président Silvio Berlusconi de retirer le soutien de son parti au gouvernement technocrate dirigé par Mario Monti et de la décision de ce dernier de démissionner de ses fonctions. «Notre soutien à Mario Monti est à l’image de cette fin d’année 2012: son gouvernement a fait un très bon travail pour rassurer l’Europe. Il a démontré que le retour de la confiance est possible», a déclaré Angela Merkel. Plus tôt, le président français avait souligné le rôle qu’a joué Mario Monti dans le retour de la confiance dans l’économie italienne.

Le sommet européen se poursuit ce vendredi. Au programme, la défense et la sécurité européenne. Les dirigeants européens discuteront aussi de la crise syrienne.

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