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Editorial vendredi 15 février 2013

Climat: un modèle californien pour les Etats-Unis

En inscrivant la lutte contre le réchauffement climatique parmi les priorités de son second mandat, le président prend à témoin les Américains

Barack Obama peut-il faire des Etats-Unis une puissance plus soucieuse de l’environnement? En inscrivant la lutte contre le réchauffement climatique parmi les priorités de son second mandat, le président prend à témoin les Américains, qui sont 65% à exiger des mesures énergiques pour combattre le phénomène. Barack Obama compte aussi sur Mère Nature. Au cours des deux dernières années, la multiplication des catastrophes naturelles (ouragans, tornades, sécheresse) a changé le rapport au climat, en raison du lourd tribut humain et matériel que l’Amérique a payé.

Cette offensive de la Maison-Blanche, dont le bilan climatique est jusqu’ici mitigé, intervient à un moment particulier. Grâce au récent boom des pétrole et gaz de schiste, les Etats-Unis n’ont jamais autant produit d’hydrocarbures et commencent à rêver d’indépendance énergétique.

Ce phénomène a produit un effet surprenant. L’objectif que Barack Obama avait fixé de réduire de 17%, par rapport à 2005, les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, paraît atteignable. Le très bas prix du gaz naturel a rendu obsolètes les très polluantes centrales à charbon.

L’administration démocrate reste confrontée à une situation paradoxale. D’un côté, elle est amenée à encourager une hausse de la production d’énergies fossiles pour soutenir une économie en convalescence. De l’autre, elle vise à en réduire la consommation. L’enjeu sera de gérer au mieux la transition, qui va s’étendre sur des décennies, vers des énergies plus propres.

Face à un Congrès rétif, le président n’est toutefois pas dépourvu de moyens d’agir. Il peut activer l’Agence de protection de l’environnement pour édicter des normes beaucoup plus contraignantes pour les transports, les centrales électriques et l’exploitation des gaz de schiste, qui engendre un formidable gaspillage de méthane dans l’atmosphère.

Mais, pour atteindre l’objectif de 83% de réduction des gaz à effet de serre d’ici à 2050, il en faudra plus. Le pas décisif en faveur du climat porte un nom: taxe carbone. A l’image de la Californie, le Congrès pourrait fixer un niveau maximal d’émissions, et laisser le marché s’organiser pour permettre aux entreprises d’en limiter le coût et la quantité. Le Sénat avait fait barrage à une telle mesure en 2010. Saura-t-il, cette fois-ci, faire de la perspective d’une économie verte une réalité? C’est l’espoir de millions d’Américains inquiets.

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