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Finance lundi 04 septembre 2006

Comprendre les produits structurés pour mieux en profiter (5)

Alexandre Michellod Economiste gérant de fortune auprès de Wegelin & Co. Banquiers Privés Lausanne

Dans une série de douze articles, nous avons entrepris de présenter et de commenter, pour les lecteurs du journal Le Temps, l'ouvrage intitulé «Les produits structurés dans la gestion de fortune», un livre corédigé par Steffen Tolle, Boris Hutter, Patrik Rüthemann et Hanspeter Wohlwend, quatre économistes de l'Université de Saint-Gall, respectivement aujourd'hui associé-gérant et membres de la direction de Wegelin & Co. Banquiers Privés.

Les certificats sur panier sont construits de la même façon que les certificats indiciels. Comme pour ces derniers, les principales composantes des certificats sur paniers sont aussi des options de type LEPO («low-exercise-price-option» c'est-à-dire des options d'achat caractérisées par un prix d'exercice quasiment nul). Le prix de ces instruments équivaut aux valeurs des sous-jacents corrigées des dividendes attendus. Dans le cas d'un certificat sur panier, le sous-jacent se compose de plusieurs actions: c'est ce que l'on appelle un panier d'actions («basket» en anglais).

Lorsqu'un produit structuré est monté sur un indice de cours ou sur un panier d'actions, les dividendes attendus peuvent revenir à l'investisseur sous la forme d'un escompte ou servir à financer des propriétés additionnelles. Pour illustrer ce deuxième cas de figure, prenons l'exemple d'un certificat «bonus» sur l'indice japonais Topix d'une valeur de JPY 1060.- avec une protection conditionnelle du capital et d'une durée de vie de 5 ans. Si le niveau de l'indice est de 1120 points, l'escompte se monte à JPY 60.-. Ces JPY 60.- peuvent être alors utilisés pour financer une protection conditionnelle du capital; le prix du certificat correspond dès lors exactement au niveau actuel du Topix.

Deux composantes

Sous certaines conditions, le «rabais» dont bénéficie l'investisseur à l'émission se trouve remplacé par le versement d'un bonus à l'échéance. Ce bonus dépend de deux facteurs: premièrement, du cours du sous-jacent à l'échéance et, deuxièmement, de l'évolution du cours sur toute la durée de vie du produit.

Le certificat bonus a deux composantes: une LEPO et une option put «down and out», à savoir une option de type knock-out qui ne rapporte rien lorsque la barrière de 672 points est touchée ou franchie à la baisse pendant la durée de vie du produit. La valeur cumulée de la LEPO et du put à l'émission équivaut au prix du sous-jacent.

Distinction avec les fonds de placement

Les certificats permettent une diversification des risques. Ils ont toutefois l'avantage de la flexibilité: ils peuvent être émis rapidement et à bon compte, et sont moins réglementés que les fonds. En outre, leur négociabilité est permanente. L'émetteur intervient en effet comme teneur de marché (»market maker») sur le marché secondaire, en fournissant en continu les cours acheteurs et vendeurs. Dans le cas des fonds de placement, la fixation des prix ne se fait qu'une fois par jour, via l'estimation de la valeur nette d'inventaire (en anglais «net asset value» ou «NAV»). Un inconvénient auquel échappent les Exchange Traded Funds (ETF), qui constituent une variante des fonds indiciels. Cette catégorie de fonds a pour objectif de reproduire le plus précisément possible l'évolution du cours d'un indice d'action tout en ayant certains avantages communs aux certificats. A l'instar des certificats, ils jouissent en effet d'un haut degré de transparence et sont négociés en Bourse de manière permanente. Le principal désavantage des certificats tient au risque de contrepartie. En achetant un certificat, l'investisseur reçoit une promesse de paiement de la banque émettrice. Or pour qu'il bénéficie effectivement du remboursement promis, il faut que la capacité financière de la banque soit intacte à l'échéance. Pour cette raison, beaucoup d'importance devrait être donnée au rating de la banque émettrice. Les parts d'un fonds de placement, en revanche, représentent une participation à un portefeuille collectif.

Le prochain volet de notre série abordera les produits à rendement maximal à savoir les certificats discount. Cette cinquième leçon est le résumé des pages 96 à 101 du livre «Les produits structurés dans la gestion de fortune», Editions Neue Zürcher Zeitung. Les articles peuvent être téléchargés sur http://www.wegelin.ch et http://www.letempsfinance.ch

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