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revue de presse dimanche 24 mai 2009

Les banques suisses espionnées

(Walter Bieri / Keystone)

(Walter Bieri / Keystone)

Selon la «NZZ am Sonntag», 21 diplomates sont soupçonnés d’espionnage envers les banques suisses, qui devront par ailleurs accomplir un «stress test»

La Confédération a prononcé une interdiction de voyage en Suisse contre 21 diplomates soupçonnés d’espionnage, selon la NZZ am Sonntag. «Nous observons une augmentation de l’espionnage à l’encontre de la place bancaire suisse», selon Jürg Bühler, chef du service d’analyse et de prévention (DAP). La quête de données bancaires vise la lutte contre le financement du terrorisme ou des recherches d’origine fiscale. En 2008, 21 diplomates se sont vus prononcés une interdiction de voyage en Suisse, contre huit l’année précédente et seulement deux en 2006.

Jürg Bühler ne tient pas à préciser la nationalité des personnes concernées. Mais il annonce un changement stratégique des activités dont il a la charge. Après avoir orienté son travail sur les instituts de recherche et la haute technologie, il promet de porter davantage son attention sur le secteur bancaire. Les services secrets étrangers tentent d’obtenir des données à des fins fiscales, déclare-t-il.

Les banques ne tiennent pas à commenter ces informations. Mais, selon Jürg Bühler, elles sont elles-mêmes très actives dans la défense de leurs données. Les rumeurs se multiplient, selon Peter Cosandey, spécialiste de l’entraide juridique et des affaires de blanchiment. Des inconnus photographient les succursales de banques ou notent les numéros d’immatriculation de véhicules allemands.

«Stress test» aussi pour les banques suisses

Par ailleurs, toujours selon la NZZ am Sonntag, après les banques américaines, les banques suisses doivent également accomplir un «stress test» destiné à évaluer l’impact d’une forte augmentation du taux de défauts sur les crédits. La barre a été placée à 4% par la Finma. Celle-ci procède par un sondage pour déterminer si les banques actives dans le crédit sont capables de supporter une forte détérioration de l’activité économique. Le précédent sondage de l’autorité de surveillance portait, l’automne dernier, sur les produits structurés émis par Lehman Brothers.

Ce nouveau sondage de la Finma s’intéresse aussi à une règle d’or du métier de banquier: l’accord entre les actifs et les passifs des banques. Il s’agit d’éviter de financer avec des produits à court terme des activités portant sur le long terme.

Ces contrôles se placent dans le contexte d’un durcissement des règles de fonds propre. Kurt Streit, chef du groupe Valiant, se demande toutefois si les banques dont le comportement a toujours été prudent seront pénalisées par l’augmentation des fonds propres. La Finma avait par ailleurs défini un taux d’endettement maximal (leverage ratio) à remplir depuis 2013. Un taux que Credit Suisse, par exemple, satisfait déjà au premier trimestre 2009.

Deux accords de double imposition conclus

Enfin, le même journal mais aussi le SonntagsBlick révèlent que deux accords de double imposition ont été conclus la semaine dernière. Le Département des finances confirme l’information. Ces accords doivent ensuite être approuvés par le parlement et sans doute aussi par le peuple avant leur ratification. La Suisse progresse ainsi dans son adoption des standards de l’OCDE. Berne refuse pour l’instant à citer les deux pays concernés. La NZZ am Sonntag cite le Danemark et le Luxembourg, sur la base d’informations non confirmées. En tous les cas, il ne s’agit pas encore des Etats-Unis ou du Japon, des pays avec lesquels la Suisse négocie. Au total, la Suisse se doit de signer au moins 12 conventions de double imposition.

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