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Commerce mercredi 09 janvier 2013

Gauche et Eglises unies contre l’ouverture des «shops» 24h/24

(Keystone)

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Le référendum contre la libéralisation des horaires des stations-service a été lancé

Le dimanche est-il encore sacré? Oui, à en croire les photographes du Palais fédéral, qui n’avaient d’yeux hier matin que pour la soutane de Martin Werlen. L’abbé d’Einsiedeln, responsable de Justice et Paix à la Conférence des évêques suisses, était à Berne pour aider à lancer le référendum contre l’ouverture continue des «shops» de stations-service.

«Frénésie dérégulatrice»

Objectif des partis et syndicats de gauche – PS, Verts, Unia, Syna, Société suisse de médecine du travail (SSMT)… – et des Eglises de Suisse, réunis sous l’appellation d’Alliance pour le dimanche: dénoncer la décision du parlement, en décembre dernier, de libéraliser les heures d’ouverture des magasins des stations-service. Et dire leur crainte de voir renforcée la «frénésie dérégulatrice» autour du commerce de détail, selon les termes de Vania Alleva, coprésidente d’Unia et vice-présidente de l’Union syndicale suisse (USS). Elle a rappelé les différents projets de loi en discussion au parlement (LT du 05.12.2012).

Les femmes, a argumenté Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes protestantes en Suisse, seraient les premières touchées puisqu’elles représentent près de 70% du personnel de vente. La vice-présidente du PS, la sénatrice vaudoise Géraldine Savary, a elle évoqué le risque de voir des zones périurbaines nuisibles à la sécurité publique se développer. Président de la SSMT, Klaus Stadtmüller a qualifié la possibilité de faire ses courses en pleine nuit comme «un luxe qui ne justifie pas de mettre en danger la santé des employés». Et l’abbé d’Einsiedeln? «L’homme n’est pas sur terre pour l’économie», a-t-il déclaré.

Selon la législation actuelle, les stations-service ont interdiction d’employer leur personnel pour vendre certains articles entre 1 h et 5 h ainsi que le dimanche. Elaborée sur la base d’une initiative parlementaire de Christian Lüscher (PLR/GE), la révision concerne les «shops» des stations des aires d’autoroute et situées sur des «axes de circulation fortement fréquentés».

Les référendaires ont jusqu’au 7 avril pour récolter les 50 000 paraphes nécessaires. Cela devrait se faire sans peine: 90% des votations cantonales sur la libéralisation des heures d’ouverture ont été rejetées ces dernières années.

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