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économie verte jeudi 22 octobre 2009

L’industrie des déchets, marché d’avenir

Yves Loerincik (à gauche), patron de Quantis International, et Jean-Luc Schlaeppi, fondateur d’Ecowaste. (Thierry Porchet)

Yves Loerincik (à gauche), patron de Quantis International, et Jean-Luc Schlaeppi, fondateur d’Ecowaste. (Thierry Porchet)

A l’image du groupe Granit, qui industrialise ses processus et réalisera bientôt ses premières usines en Italie, le secteur environnemental se structure. Un nouveau salon et un portail emploi témoignent de cette évolution

Le défi de la post-consommation? «L’industrie des déchets.» Directeur général du groupe Granit, basé à Lausanne, Orbe et Sierre, Alain Mercier le clame haut et fort: «Avec la gestion de l’eau, c’est un immense problème. Tout le monde parle du CO2 et du réchauffement climatique, mais les déchets sont un autre aspect de notre surdéveloppement et de l’épuisement des ressources de la planète. Il est donc indispensable de pouvoir recycler pour utiliser plusieurs fois ces ressources.»

Preuve de l’intérêt croissant pour cette problématique, la création du salon professionnel Greentech, dont la première édition se déroule jusqu’à samedi à Forum Fribourg. En marge de cet événement, plongeon dans l’économie verte. De nombreuses petites sociétés romandes (lire deux portraits ci-dessous) sont actives soit dans le traitement des pollutions soit dans l’optimisation des ressources.

A Sierre, Membratec construit et commercialise des installations de traitement d’eau par procédés membranaires pour la production d’eau potable à l’intention des collectivités publiques depuis plus de dix ans. Parmi ses réalisations en cours figure l’installation de traitement pour le service intercommunal de gestion des eaux de Vevey-Montreux-Villeneuve. «Près de 150 000 personnes sont concernées par cette nouvelle station, qui sera mise en service au printemps 2010. Notre technologie permet d’éliminer toutes les matières en suspension et de désinfecter l’eau par filtration mécanique», explique son fondateur et patron Emmanuel Bonvin.

Cette petite PME de 12 collaborateurs rivalise avec de grands groupes comme Veolia. «Nous pouvons également traiter les micropolluants (pesticides, résidus de médicaments, etc.) en sortie de station d’épuration, comme nous le faisons à Vidy à Lausanne, dans un projet pilote.» Un autre débouché réside dans l’adoucissement centralisé des eaux. «Il y a là un intérêt énergétique, puisque la consommation d’un lave-vaisselle ou d’un chauffe-eau sera moins importante avec de l’eau douce. Ce marché est en devenir.»

Des marchés en devenir, Granit ne voit pratiquement que cela. Créée dans les années septante par Alain Jenny, actuel président, Granit a véhiculé une culture d’entreprise de recherche et développement et se mue aujourd’hui en véritable entreprise industrielle. «Pour les boues d’épuration, le procédé d’oxydation par voie humide développé par Granit a été éprouvé à Orbe et constitue, aujourd’hui, une bonne alternative à l’incinération», estime Alain Mercier, son directeur. L’entreprise développe actuellement de gros projets en Italie. A Roverto au nord de Vérone, la première usine devrait être opérationnelle dans la première moitié de l’année prochaine. «En Suisse également, le marché démarre, la ville de Zurich montre un fort intérêt», glisse le patron.

En collaboration avec une entreprise allemande, Granit est également capable de traiter les déchets plastiques pour fabriquer du combustible diesel. Pour Alain Mercier, qui prône une gestion locale des déchets, la grande majorité des solutions existent déjà. «Mais le secteur a besoin d’investisseurs! Par exemple, pour la réalisation de nos usines – il faut compter entre 3 et 5 millions de francs de fonds propres par entité – nous aurons un important besoin de fonds dans les 6 à 12 mois.» D’après les contacts noués, Granit semble pouvoir réunir l’argent dont il a besoin via des investissements privés. L’époque des pures subventions semble bel et bien révolue. L’environnement est devenu un business, nous devons également changer notre culture.» Ainsi, 2010 devrait être la première année vraiment rentable pour le groupe.

Autre signe que le marché se professionnalise, la création d’un portail internet spécialisé sur l’emploi couvrant toute la Suisse romande, greenup.ch. «Avec mon expérience de onze ans dans le secteur, j’ai lancé cet outil début avril dans l’idée de proposer un service qui n’existe pas dans un secteur professionnel toujours en structuration et appelé à se développer», explique Nicolas Berriot. Son site enregistre environ 300 visiteurs uniques par semaine.

www.greentech-expo.ch

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