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valais vendredi 01 février 2013

Les procédures se multiplient contre Jean-Marie Bornet

La publication d’extraits de vidéosurveillance après l’accident survenu dans le tunnel de Sierre a crée la polémique. (Keystone)

La publication d’extraits de vidéosurveillance après l’accident survenu dans le tunnel de Sierre a crée la polémique. (Keystone)

Diverses procédures sont ouvertes à l’encontre du porte-parole de la police cantonale valaisanne. Et la communication est confuse sur la gestion de l’accident de Sierre. Avec des répercussions pour Christian Varone ?

Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police cantonale valaisanne, est sous le coup d’une enquête pénale pour violation du secret de fonction. «Ce type d’infraction est poursuivi d’office dès lors qu’un procureur en a connaissance», explique Jean-Pierre Gross, procureur général du canton du Valais. La procédure fait suite à la publication par Jean-Marie Bornet de la vidéo surveillance du tunnel, montrant l’arrivée des secours après l’accident de car de Sierre. Cette vidéo faisait partie des pièces de l’instruction, toujours en cours, visant à déterminer les causes du drame. Sa publication n’était autorisée ni par la cheffe du département, Esther Waeber-Kalbermatten, ni par le commandant-remplaçant de la police, ni par le ministère public.

Jeudi soir, la télévision valaisanne faisait aussi état d’une plainte pénale émanant de l’une des familles des victimes suite à la publication de ces images. Cette information n’a pas pu être confirmée par Jean-Pierre Gross. Diverses plaintes ont aussi été déposées à l’encontre de Jean-Marie Bornet par un journaliste indépendant pour menace et diffamation. Ce dernier a aussi entamé une procédure disciplinaire à l’encontre du porte-parole qui l’aurait empêché de mener une enquête sur la conduite des secours pendant l’accident de car de Sierre.

Jean-Marie Bornet a été porte-parole de la police cantonale sous les ordres de Christian Varone, lequel est candidat au conseil d’Etat pour les élections du 3 mars prochain. Il a diffusé cette vidéo en réponse aux questions de quelques familles belges qui s’interrogeaient sur la rapidité avec laquelle leurs enfants ont été secourus. Or, depuis la publication de cette vidéo, plusieurs médias ont révélé que les secouristes ont été alarmés entre 7 et 10 minutes après que la police ait été avertie de l’accident. Selon Jean-Marie Bornet, qui détaille l’intervention dans cette fameuse vidéo, les policiers ont commencé par sécuriser le tunnel de Sierre. Selon Esther Waeber-Kalbermatten, les ambulances ont été averties 7 minutes après que l’alarme ait été donnée mais elle ne commente pas cette information.

Le doute s’installe

Au lendemain de l’accident, les avis étaient unanimes. La crise avait été gérée à la perfection tant par la police cantonale que par les secouristes et Christian Varone en était le maître d’œuvre. Le 14 janvier dernier, il a reçu la décoration d’officier de l’Ordre de la Couronne belge.

Aujourd’hui, la communication est confuse et le doute s’installe. La crise a-t-elle été si bien gérée par la police? S’il s’avère que non, cela pourrait bien être la faute que les Valaisans ne pardonneront pas au candidat Varone qui traîne toujours une procédure pénale pour vol de biens culturels en Turquie. C’est en effet sur sa gestion exemplaire de l’accident de car de Sierre que repose en grande partie sa notoriété, même en Valais. Le «Nouvelliste», qui se présente souvent comme le reflet de l’opinion des Valaisans, avait très peu couvert les parts d’ombres concernant l’arrestation du commandant en Turquie. Cette fois, le journal enquête aussi. Signe que le vent tourne pour le candidat ?

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