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Technologie mardi 23 novembre 2010

La start-up zurichoise Nanotion part à la conquête de l’analyse des nanoparticules

Emanation de l’EPFZ, la jeune pousse a notamment décroché le Prix de Vigier pour son innovation

«Nous souhaitons récolter 1,8 million de francs pour notre phase de démarrage auprès de «business angels». Nous sommes actuellement au stade des négociations finales avec certains d’entre eux. Le contrat sera signé avant la fin de l’année. Avec ces fonds, nous voulons réaliser un produit à partir de notre prototype», a relevé récemment Christopher Lat­koczy, cofondateur de Nanotion avec Bartjan den Hartogh, lors d’une interview au TechnoPark à Zurich. A plus long terme, Nanotion privilégie des investisseurs ayant une approche commerciale complémentaire à leur savoir-faire scientifique.

Emanation de l’EPFZ, la jeune pousse a été créée en juin 2010. Elle constitue la prolongation d’un travail effectué à l’université, en collaboration avec l’Eawag, centre de recherche national sur l’approvisionnement en eau. Le but était de développer une technologie qui soit capable de déceler des nanoparticules dans des liquides. «La clé de notre innovation réside dans le fait que nous sommes capables pour la première fois de caractériser en temps réel des nanoparticules. Cela signifie que notre appareil peut mesurer leur taille, leur concentration et leur composition», explique Christopher Latkoczy. La technologie de Nanotion est basée sur la méthode classique du rayon laser. L’innovation vient de l’appareil de mesure auquel est relié le rayon. Ensuite, un logiciel permet de caractériser les nanoparticules. Cette méthode de détection est protégée par des brevets.

Au départ, Nanotion a été financée par les cofondateurs et l’argent des proches, ainsi que par la Fondation fédérale de promotion de l’économie nationale. Aux fonds propres se sont ajoutées les récompenses. Un exemple: le Prix de Vigier de 100 000 francs en 2010, autrement dit la distinction la plus importante pour une jeune pousse en Suisse.

De la cosmétique
au traitement de l’eau

Plusieurs débouchés existent: la cosmétique, la biotech et le traitement de l’eau. «Dès 2012, dans le secteur des cosmétiques, les fabricants de l’Union européenne seront forcés par la loi de déclarer la présence de nanoparticules, leur concentration et leur taille. Il semble que d’autres secteurs seront aussi touchés par de nouvelles lois sur les nanoparticules. Pour notre entreprise, cela est une aubaine», se réjouit Christopher Latkoczy.

En médecine aussi, la demande arrive. Certains médicaments sont composés de particules très fines qui se retrouvent au final dans de l’eau potable. Tout comme dans le textile, secteur qui recourt aux nanoparticules d’argent pour ses propriétés antibactériennes. «Il est important de pouvoir contrôler les concentrations de nano­particules. Jusqu’à présent, les technologies d’analyse de nanoparticules dans l’eau sont difficiles et assez chères. De plus, on ne connaît rien des effets sur l’homme», prévient Christopher Latkoczy.

Le chemin du succès n’est pourtant pas aisé, avec la concurrence des entreprises d’analyses chimiques. Mais les cofondateurs la voient aussi comme une opportunité. «En tant que start-up, nous pourrions les intéresser. Cela nous offrirait une porte de sortie lorsque nous aurons une technologie complètement validée. Et ensuite, nous créerons une nouvelle société. Nous voulons être des entrepreneurs en série», dit le cofondateur en souriant.

Objectif rentabilité
dans quatre ans

Entre-temps, le Projet CTI mis en place par la Confédération a permis à Nanotion de bénéficier de la collaboration d’étudiants de la Haute Ecole de Buchs (SG) pour le développement technologique. «Cela nous ouvre des portes, notamment avec les investisseurs, nous permet de créer un réseau et de bénéficier de l’aide de coaches», insiste Bartjan den Hartogh. Au niveau technologique toujours, Nanotion a noué un partenariat avec le groupe américain National Instruments. Objectifs visés: la rentabilité dans quatre ans et un chiffre d’affaires de 15 millions de francs en 2015 avec une trentaine d’employés. L’initiative Cleantech de soutien aux énergies propres lancée récemment par la Confédération pourrait aider la jeune pousse à atteindre ses objectifs plus rapidement.

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