Structuré comme un morceau de jazz, le récit d’Antoine Choplin joue l’air de d’une incompréhension mutuelle
Léopold, jeune ouvrier dans le nord de la France des années 1980, a deux vies parfaitement incompatibles: le jour à l’usine, il est mêlé malgré lui à une grève sans issue; le soir, il répète avec son groupe de jazz: son père, militant syndical à l’usine, figure imposante, aurait préféré – sans le dire – le voir s’investir dans la lutte. Jusqu’au jour où, suite à l’échec des négociations, ce père qui n’est jamais nommé s’installe seul dans l’usine désertée et entame une grève de la faim. Cette décision sépare davantage le père du fils. Elle offre au jeune homme timide, resté seul dans la maison familiale, une bouffée d’air frais, porteuse de rêves jusque-là enfouis dans une grisaille déprimante. Jubilation et culpabilité alternent alors dans ce récit structuré comme un morceau de jazz, avec thème, variations et une heureuse reprise de thème. Il raconte de façon poignante comment deux étrangers, sans jamais se rencontrer vraiment, ménagent respectueusement leur incompréhension mutuelle pour finalement réduire, de peu, la distance qui les sépare.|
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