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Capital samedi 03 mars 2012

Sarasin invite Safra à injecter des fonds pour soutenir son essor

Dejan Nikolic

La banque privée veut progresser dans les pays émergents

«Safra a les fonds pour nous aider à développer nos affaires», a résumé vendredi le directeur général de Sarasin, Joachim Straehle, dans un entretien accordé à Bloomberg. Fortement capitalisé, son propriétaire brésilien pourrait être amené à soutenir les activités liées aux marchés émergents de l’établissement privé helvétique.

Le Groupe Safra a en effet acquis en novembre dernier une participation majoritaire dans la Banque Sarasin, soit 46,07% des actions et 68,63% des droits de vote, cédés par Rabobank. La transaction, payée en espèces, s’est chiffrée à plus de 1 milliard de francs. «Safra est très confiant concernant le potentiel à long terme de Sarasin, a indiqué Robert Siegfried, porte-parole de Safra. Nous nous sommes engagés à travailler main dans la main pour exploiter ce potentiel, ce qui peut le cas échéant prendre la forme d’une injection de capital.»

Rapprochement accru?

Objectif: étendre les activités dans les pays émergents. Les coups de boutoir contre le secret bancaire suisse ont en effet eu pour conséquence d’éroder la marge bénéficiaire de Sarasin, incitant par là même plusieurs clients à rapatrier leur argent dans leur pays d’origine. L’appel lancé vendredi par le patron de la banque privée s’inscrit dans la volonté de son établissement d’étoffer ses réseaux d’agences en Allemagne, en Inde, au Moyen-Orient ainsi qu’en Asie. Sarasin table également sur un certain nombre de synergies avec le groupe brésilien concernant les marchés d’Amérique latine.

Sarasin vise ainsi à atteindre d’ici à trois ans 150 milliards de francs d’actifs, alors que sa masse sous gestion s’établissait à 103,4 milliards en 2010. A en croire Christian Stark, analyste à Credit Agricole à Zurich, «il n’est pas impossible que Safra augmente sa participation dans Sarasin, et finisse par intégrer ses opérations européennes». Dans une perspective de réduction des coûts, les deux institutions pourraient commencer par partager la même plateforme informatique.

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