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tennis vendredi 27 janvier 2012

L’insoluble équation «Rafa»

Roger Federer ne s’adapte pas au coup droit lifté du gaucher espagnol. (EPA)

Roger Federer ne s’adapte pas au coup droit lifté du gaucher espagnol. (EPA)

En demi-finale de l’Open d’Australie, Roger Federer a perdu le 8e duel en Grand Chelem sur 10 face à Rafael Nadal. La confiance de l’Espagnol augmente en même temps que s’effritent les certitudes du Bâlois

Deux certitudes. De leurs face-à-face en Grand Chelem, le tennis sort toujours sublimé et Roger Federer opprimé. Sa défaite 7-6 2-6 6-7 4-6, jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie est la huitième en dix confrontations avec Rafael Nadal dans un tournoi majeur.

Pourtant, au regard de ce qu’il avait livré jusque-là, les experts et les bookmakers faisaient du Bâlois le favori. Porté par une série de 17 victoires d’affilée, le maître était indéniablement le maître. Le poids de l’âge ne pesait ni sur son jeu, ni sur ses jambes. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Rien, sauf Nadal. Les pronostics, en effet, occultaient une chose: au cours de son duel face au Tchèque Tomas Berdych, en quart de finale, «Rafa» était redevenu «Rafa». Et face à cet Espagnol-là, lors de matches en cinq sets, Federer se heurte à une insoluble équation.

Une problématique tennistique face à ce gaucher qui s’entête à le pilonner sur son revers de ses coups droits liftés arrivant à hauteur d’épaule. «Il a moins besoin de s’adapter à mon jeu que moi au sien. Il joue 80% du temps contre des droitiers et moi 20% seulement contre des gauchers», souligne le Bâlois, convaincu en quelque sorte d’aider Nadal à se transcender. «J’ai toujours l’impression qu’il joue un peu mieux contre moi que contre les autres.» L’Espagnol en convient par déduction: «En principe, s’il m’est donné d’affronter Roger, c’est que je joue mon meilleur tennis, vu que cela se produit en général en finale ou lors de matches importants. Et, du coup, je suis en confiance en raison des victoires accumulées pour parvenir jusque-là.»

Une problématique mentale aussi, même si non avouée par Federer. L’expérience des défaites précédentes face à son meilleur rival pèse sur son inconscient et le prive de l’ascendant psychologique nécessaire sur les points clés du match. Alors qu’à l’inverse, «Rafa» peut se galvaniser de ses victoires passées et y croire lorsque le score penche en faveur de Federer. «Il a commencé très fort, en jouant de manière agressive, mais à 3-0 j’ai senti que je progressais et que mon niveau se rapprochait du sien. Et j’ai fait le break à 4-2», confie Nadal. «Et même après avoir perdu le premier set et m’être fait breaker d’entrée dans le deuxième, je suis resté calme, je savais que j’avais la possibilité de revenir.» La confiance nourrit la combativité de l’Espagnol au fur et à mesure que s’effritent les certitudes du Bâlois. Et, en s’insinuant, le doute prive Federer de ses coups de génie légendaires lorsque les occasions s’offrent à lui. Et ainsi croît sa frustration.

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