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Monnaie mercredi 14 avril 2010

Pékin réévaluera le yuan, mais pas sous la pression étrangère

Washington renonce à nommer Pékin comme manipulateur de son taux de change. Barack Obama a rencontré le président Hu Jintao en marge du sommet sur la sécurité nucléaire

Prévu pour ce jeudi, le rapport du Trésor américain devant dire si la Chine se livre, oui ou non, à la manipulation du taux de change ne sera pas rendu public. S’il devait sortir et tenir Pékin responsable de la sous-évaluation du yuan dans le but de favoriser ses exportations, la Chine serait alors passible de sanctions économiques et commerciales aux Etats-Unis.

Mais on n’y est pas. Des consultations bilatérales, la visite «imprévue et amicale» de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, à Pékin la semaine dernière et surtout, le tête-à-tête entre le président américain Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao lundi soir à Washington en marge du sommet sur la sécurité nucléaire expliquent la reculade américaine.

Le président américain a demandé à son hôte d’agir sur la monnaie chinoise «pour parvenir à un taux de change plus respectueux du marché». Il a expliqué que cela est important pour une reprise économique internationale soutenue et équilibrée. Washington n’a jamais cessé d’affirmer que la faible parité du yuan face au dollar avantage injustement ses exportations au détriment non seulement des Etats-Unis, mais de l’ensemble de la planète.

L’appel de Barack Obama n’est pas resté sans réponse et cela est une première. Hu Jintao a reconnu le besoin d’une réforme monétaire, «mais que cela se ferait sur la base des besoins propres à la Chine et pas sous la pression d’autres pays». Pékin a mis fin à sa politique de parité fixe en juillet 2005, attachant le yuan à un papier de devises. Dès lors, celui-ci s’est apprécié graduellement jusqu’en fin 2008. Et point depuis lors. Cette stratégie a permis à la Chine de maintenir ses exportations. Résultat, elle a ajouté 600 milliards de dollars à sa montagne de devises évaluées à 2240 milliards de dollars. Les Etats-Unis, mais aussi d’autres pays, font remarquer que la Chine construit des réserves grâce à la concurrence déloyale alors que les pays importateurs n’arrêtent pas de creuser des déficits. Ils insistent qu’une réévaluation du yuan est nécessaire pour équilibrer l’économie mondiale.

La politique chinoise de taux de change n’a pas fini de faire des vagues. Le Fonds monétaire international demande aussi une réforme monétaire. Il est même favorable à la mise en place d’un système de sanctions contre des pays dont le système monétaire mettrait en danger les équilibres financiers mondiaux. Hier, la Banque asiatique de développement a aussi demandé à Pékin de relâcher la pression sur sa monnaie. Le sujet reviendra sur le tapis à la fin du mois lors de l’assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale, ainsi qu’au prochain sommet du G7 et du G20 en juin.

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