Texte - +
Imprimer
Familles samedi 07 avril 2012

Polyamours

Héritiers des utopistes libertaires, les adeptes du «trouple», du «polyamour» et autres formes d’unions multiples prédisent un avenir de «netloving»

Les Occidentaux sont monogames et les autres sont des sauvages, voilà notre credo. Sauf que la réalité des mœurs est bien différente et que l’idéal d’une union unique et exclusive est très mal en point, observe Catherine Ternaux dans La Polygamie, pourquoi pas? 1

Héritiers des utopistes libertaires, les adeptes du «trouple», du «polyamour» et autres formes d’unions multiples prédisent, comme Jacques Attali2, un avenir de «netloving». Ecrivaine et documentaliste à Angoulême, Catherine Ternaux est «mariée et monogame» mais n’en propose pas moins «un ajustement du droit aux mœurs réelles».

«Ce qui me choque, c’est que l’on force un homme ou une femme à divorcer lorsqu’un nouvel amour s’annonce dans sa vie, précise-t-elle. Comme si on ne pouvait pas aimer plusieurs personnes à la fois.» Les divorces se multiplient, ils causent une souffrance considérable et nous enferment dans une logique d’exclusion et d’isolement, observe la rêveuse, qui plaide pour une logique additive, créatrice de «lien social».

Concrètement? «Je me rends compte que cette proposition ne peut convenir qu’à une infime minorité de personnes, du moins dans un premier temps. Je pose des questions plus que je ne propose des scénarios.»

Ce qui est sûr, c’est que la nouvelle polygamie ne pourra être que conforme au sens original du mot, c’est-à-dire égalitairement polygyne et polyandre. C’est peut-être un hasard, mais quand on demande à Catherine Ternaux si elle connaît des pratiquants désireux de vivre leur polyfidélité au grand jour, elle pense d’abord à des femmes.

1. La Polygamie, pourquoi pas?
de Catherine Ternaux, Grasset, 133.

2. Amours. Histoire des relations entre les hommes et les femmes, Jacques Attali, Fayard, 2007.

Texte - +