roman samedi6 février 2010

«Mon Couronnement» de Véronique Bizot

Un premier roman alerte, dont l’imaginaire foisonnant n’empêche pas la profondeur

D’une écriture précise, quasi scientifique, qui galope d’un bout à l’autre du livre, Véronique Bizot – dont c’est le premier roman – construit un univers tout entier. Elle déborde d’imagination. Presque chaque page amène une nouvelle histoire, un nouveau lieu, une nouvelle péripétie. Il faut dire qu’on n’a guère le temps de s’attarder, ni de s’étonner de ce qui arrive: le héros est pressé, il est très vieux, au bord de la tombe, croit-il. Scientifique en retraite, il vient de gagner une sorte de Prix Nobel pour – pour ce qu’il s’en souvient – une «observation» faite il y a très longtemps et aurait soulagé «une partie de l’espèce humaine» de «l’un de ses maux». Il vit une existence décrépite plus illuminée qu’il n’y paraît par une certaine Mme Ambrunaz, précieuse femme de ménage. Malgré son ton volontiers absurde et comique – «où que j’aie vécu, ranger a toujours été un projet chaque fois ajourné» –, Mon Couronnement explore avec finesse les mystères de la vieillesse et peut-être même de l’amour. Eléonore Sulser

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