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internet samedi 28 février 2009

La publicité en ligne baisse pour la première fois depuis 2001

Les projections pour 2009 aux Etats-Unis sont très mauvaises, ce qui pousse Google à lancer un nouveau service d’annonces contesté. Mais le rebond pourrait intervenir très vite

Du jamais-vu depuis 2001. Le marché de la publicité en ligne est en baisse en ce début d’année aux Etats-Unis, une situation que l’on n’avait plus connue depuis l’éclatement de la bulle Internet. Les premières estimations de la société de recherche IDC indiquent une chute de 5% en chiffre d’affaires au premier trimestre, et une situation pire, mais pas encore chiffrée, pour le second trimestre.

IDC le pressentait déjà au quatrième trimestre 2008, avec une misérable hausse de 0,4% des dépenses (contre +18% pour l’année), à 7,13 milliards de dollars. Deux secteurs ont été fortement touchés: les annonces graphiques, telles les bannières (-7%) et les annonces classées (immobilier, emploi, automobile), avec une chute de 18%. Le seul secteur à surnager fin 2008 a été celui des annonces «texte» placées à côté des résultats des recherches (+10%), le secteur phare de Google. Une reprise globale pourrait intervenir fin 2009, avance IDC.

2000 publicités par mois

Le problème n’est pas que conjoncturel. Un internaute américain a vu en moyenne 2000 publicités par mois, selon la société de recherche ComScore. Cette indigestion, notamment due à l’appétit croissant des sites à forte audience qui multiplient les espaces publicitaires, a fait chuter de 48% le prix de 1000 affichages d’une publicité fin 2008, selon la firme eMarketer.

L’idée est ainsi de poursuivre la personnalisation des annonces. Cette semaine, Yahoo! a annoncé le lancement, dès mars, d’un système permettant aux annonceurs de décider où et quand (heure et jour) seront diffusés leurs publicités. Ils pourront aussi – s’ils sont connus – cibler l’âge et le sexe de l’internaute.

Mais jusqu’où aller? Lundi, David Moore, fondateur de la firme de marketing 24/7 Real Media, affirmait craindre une recrudescence des pratiques peu éthiques de la part des annonceurs pour tenter d’en savoir toujours plus sur les internautes, notamment les utilisateurs des réseaux sociaux.

Google devrait tirer son épingle du jeu avec ses annonces «textes» dont la valeur globale pourrait croître de 15% cette année. Mais la firme semble souffrir. Cette semaine, elle a décidé d’afficher de telles publicités à côté des nouvelles sur son portail Google News pour les internautes américains. Or, la firme s’était refusée à le faire depuis le lancement de ce service en 2002. Cette annonce déplaît fortement à certains directeurs de groupes de presse. Ils estiment que Google profite de leur contenu pour engranger des recettes publicitaires, sans les partager avec eux. Le hic, c’est que les 4500 sites d’information répertoriés par Google dépendent en partie de lui pour leur audience.

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