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Agroalimentaire mardi 10 avril 2012

«L’indépendance de Prodague est une illusion»

Sylvain Agassis, directeur de Prodague. (veroniquebotteron.com)

Sylvain Agassis, directeur de Prodague. (veroniquebotteron.com)

Le patron de la société vaudoise a lancé sa propre marque chez Manor

Le Temps: Votre sélection parmi les finalistes du Prix de l’entreprise romande 2012 vous a-t-elle surpris?

Sylvain Agassis: Je ne m’y attendais pas mais c’est très agréable d’avoir une reconnaissance extérieure, surtout si elle est spontanée. De plus, cette reconnaissance va à des collaborateurs discrets qui effectuent souvent un travail peu visible, donc c’est une agréable surprise pour tout le monde.

– Sur quels aspects en particulier êtes-vous fiers de la qualité de votre gestion?

– Sur les aspects humains. Malgré les marges restreintes dans notre activité, nous avons réussi à améliorer les conditions de travail de nos collaborateurs, que ce soit au niveau des horaires, des salaires ou de la rémunération puisque chacun reçoit aujourd’hui une participation aux bénéfices. Nous avons également bien progressé dans la gestion des produits et dans l’innovation. Finalement, je dirais que nous sommes une société complète (tous les métiers sont représentés chez nous, de l’informatique à la vente en passant par le travail en production), multiculturelle, et que chaque jour nous réussissons à relever le défi de fournir des produits frais grâce à la maîtrise des processus.

– L’année 2011 fut-elle une année record pour vous?

– Ce fut une bonne année, mais pas record.

– Quelles sont les priorités stratégiques que vous vous êtes fixées pour l’exercice en cours?

– Tout en continuant à bien servir nos clients actuels, comme la Coop avec Betty Bossy, nous lançons la marque Sylvain & Co, qui a démarré en février chez Manor. C’est aussi un changement d’identité (ndlr: la raison sociale Prodague disparaîtra cet été pour devenir Sylvain & Co) symbolisée par un arbre, qui montre qu’à partir de nos racines, nous construisons les branches du futur.

– Ce prix insiste entre autres sur la pérennité de la société. Comment avez-vous réglé cette question et qu’est-ce qui pourrait la remettre en cause?

– Elle a été réglée avec mon papa. Au niveau opérationnel, depuis cinq ans, j’ai repris la tête de la société. Quant à l’actionnariat, le plan prévoit de finaliser le rachat dans les cinq ans et je serai alors l’actionnaire unique de Prodague. Le plus grand danger dans cette industrie tourne autour du prix. Une forte hausse du prix d’achat des matières premières ou une forte baisse des prix de vente à la grande distribution, voilà les deux points contre lesquels nous devons quotidiennement lutter.

Vous êtes fortement dépendant de Coop. Comment essayez-vous de gagner en indépendance?

– Sur le marché suisse, l’indépendance est une illusion. Il vaut mieux être performant car la part des revenus que nous réaliserons avec ce distributeur restera importante à l’avenir. Notre credo passe donc plutôt par la performance.

– Quels produits ferez-vous demain que vous ne faites pas aujourd’hui?

– L’avenir du secteur passe par le plaisir de consommer des fruits et légumes frais, dans un système très pratique. Nous développons donc de nouvelles formes de consommation de type snacking qui propose des repas complets de fruits et légumes.

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