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Les Royaumes d’Amalur: Reckoning jeudi 23 février 2012

Beauté classique

Testé sur PS3. Disponible également sur Xbox 360 et PC.

Des graphismes souvent somptueux, imposants par instants, des ambiances furtivement étonnantes, «Reckoning» réussit une alchimie inattendue: allier à un gameplay simple et dynamique et un fond ultra-classique le plaisir presque coupable d’une sucrerie qui s’impose à nos cerveaux pourtant déjà saturés. Un petit goût de reviens-y qui se transforme en belle addiction, presque honteuse vu les poncifs mis en place. C’est peut-être en fait là la force de cette nouvelle franchise: elle rappelle aux anciens des mondes déjà vus et revus et elle donne aux joueurs plus récents une expérience paradoxalement toute nouvelle. Nostalgie et découverte.

La gestion et la progression du personnage que l’on a créé en début de partie est à la fois simple et efficace: notamment, la notion de cartes de destin apporte des bonus intéressants, tout en personnalisant notre avatar. Trois voies s’ouvrent à nous, toujours classiques: guerrier, voleur et magicien. Il est possible de les monter en parallèle ou d’en privilégier certaines par rapport à d’autres. Les cartes de destin alors disponibles changeront, puisqu’elles dépendent du nombre de points alloués à chaque arborescence. Quitte à rester dans le classicisme, on aurait presque souhaité pouvoir développer des compétences liées au soigneur, vu le nombre de baffes que l’on prend au cours du jeu. Mais on salue surtout le fait de ne pas enfermer notre avatar dans une classe prédéfinie, immuable. Côté artisanat, rien de neuf, mais de quoi faire ses propres armes ou son équipement. Récolte, démontage, remontage, rien de compliqué, mais de quoi s’occuper sans pourtant y consacrer un temps infini.

Si les quêtes n’annoncent rien de très novateur – elles sont même plutôt conventionnelles, voire banales –, si les dialogues sont loin d’être du Audiard, le doublage est très bon, vivant. Et le monde est varié, riche. Et les armes immenses… L’aventure commence dans une fosse commune où l’on se réveille après une résurrection aussi efficace qu’effaceuse de mémoire. Tout de suite, des assassins sont vous assaillent… Le cas du héros amnésique a toujours l’avantage de faire découvrir le monde au joueur en même temps qu’à son personnage, sans qu’apparaissent d’emblée une quantité effarante de noms de races, de lieux ou de dieux impossibles à mémoriser. Tout se fait lentement, à son propre rythme. Classique et efficace. Deux adjectifs qui résument totalement ce nouveau RPG qui va tenter de se frayer une place dans un monde déjà bien peuplé. Simple aussi car, suivant les compétences choisies, toutes les créatures, les pièges et les portes dérobées apparaissent sur la mini-carte… Peut-être un vrai défaut du jeu, qui l’empêchera d’être un classique : le manque d’empathie avec son personnage. On a parfois du mal à s’y attacher profondément. Mais qu’on ne s’y trompe pas, «Les Royaumes d’Amalur» constituent une vraie et belle révélation.

Note : 4 sur 5

Age : 18 ans

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