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horlogerie vendredi 07 octobre 2011

Vacheron Constantin investit 100 millions de francs en Suisse

Le siège de Vacheron Constantin.

Le siège de Vacheron Constantin.

La société genevoise va doubler ses effectifs dans le pays. Son siège de Plan-les-Ouates sera agrandi

Résolument tourné ver l’avenir. Pas celui à très court terme qui pourrait apporter quelques bourrasques à l’horlogerie suisse. Vacheron Constantin vise bien plus loin, en nourrissant de grandes ambitions et de grands projets.

«Sur ces trois à quatre prochaines années, nous allons investir quelque 100 millions de francs rien qu’en Suisse dans notre appareil de production et dans la recherche et le développement», a confié au Temps Juan-Carlos Torres, directeur général de la manufacture genevoise. Alors que la marque haut de gamme appartenant au groupe Richemont avait déjà annoncé la construction d’un bâtiment de plus de 5400 m2 au Brassus (VD) pour 30 millions, c’est aussi son siège de Plan-les-Ouates qui bénéficiera de ce programme, conçu en deux phases. «D’abord, nous allons nous étendre de 50% entre 2014 et 2015. C’est l’architecte Bernard Tschumi qui dessinera l’extension de notre siège, inauguré à peine en 2004. La deuxième étape de 50% interviendra ultérieurement mais devrait être finalisée à l’horizon 2020», selon Juan-Carlos Torres.

«Une fois ces projets achevés, nous emploierons le double de personnes qu’aujourd’hui, avec des effectifs qui passeront à environ 1300 collaborateurs jusqu’en 2020. Quand je suis entré dans la maison, il y a 30 ans, nous n’étions que 55 personnes.» D’autres desseins seront annoncés une fois qu’ils auront été finalisés.

Le saut se veut surtout qualitatif. La société à l’horizon 2016 ambitionne d’estampiller 100% de ses mouvements mécaniques avec le Poinçon de Genève, contre 70% à ce jour. «Il y aura un gros travail d’intégration à faire.» Mais cette montée en puissance est également, partiellement, quantitative. Alors que la société escompte écouler 17 000 à 18 000 montres cette année, il est prévu à terme d’atteindre une capacité de 27 000 à 30 000 garde-temps mécaniques.

N’est-ce pas quelque peu déraisonnable? «Pas du tout. Aujour­d’hui, nous pourrions déjà écouler 100% de notre production rien qu’en Chine et à Hongkong», se réjouit l’homme qui dirige la société depuis 2005. Mais il ne faut pas céder aux seules sirènes chinoises et ne pas négliger les autres marchés, surtout ceux historiquement importants pour la marque, selon lui. Raison pour laquelle la manufacture, forte de 256 ans d’histoire ininterrompue, va densifier son réseau de boutiques en Chine mais aussi ailleurs. Si elle vient d’inaugurer un point de vente en propre à New York, son 28e à travers le monde, il existe aussi des projets pour Paris, Londres, Séoul, Taïwan, Tokyo, Los Angeles et Miami, parmi d’autres.

L’extension en Chine (16 boutiques) se poursuivra mais désormais avec un accent particulier mis sur les villes dites secondaires. Cette marche en avant ne se fera toutefois pas au détriment du canal des détaillants traditionnels, qui comprend 400 points de vente de par le monde.

En ce qui concerne le temps court, Vacheron Constantin ne perçoit aucun fléchissement de la demande, malgré un été de tous les dangers. «Il n’y a pas d’impact pour la marque. Nous avons la chance d’avoir une clientèle très exclusive, qui n’est pas touchée par les soubresauts conjoncturels actuels. Notre croissance se manifeste partout. Je reste très confiant pour Vacheron Constantin. Un peu moins pour l’horlogerie», anticipe Juan-Carlos Torres. Il n’en prévoit pas moins un ralentissement du secteur pour l’année prochaine. Toujours est-il que le niveau des exportations horlogères suisses devrait rester positif, avec une hausse possible ou probable de 10%.

Le prochain Salon international de la haute horlogerie (SIHH), qui aura lieu en janvier 2012 à Genève, s’annonce donc a priori plus difficile que le précédent pour le secteur. Et qu’en est-il de la cherté du franc? «A un niveau de 1,20 face à l’euro, nous pouvons vivre avec. Mais nous n’avons de toute manière pas le choix. Alors, il faut s’adapter», conclut-il.

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