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Banque jeudi 23 septembre 2010

Démission du patron d’UniCredit

AFP

(Keystone)

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Le directeur général de la banque italienne UniCredit, Alessandro Profumo, a été poussé à la démission mardi. La montée en force de la Libye dans le capital de la banque a porté à son comble la crise de confiance avec les actionnaires et le président du groupe.

Le directeur général de la banque italienne UniCredit, Alessandro Profumo, a été poussé à la démission mardi. La montée en force de la Libye dans le capital de la banque a porté à son comble la crise de confiance avec les actionnaires et le président du groupe.

Dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil extraordinaire de plus de quatre heures, UniCredit a indiqué que le conseil et Alessandro Profumo avaient convenus «que le temps d’un changement à la tête du groupe était venu». «Alessandro Profumo a donc remis sa démission».

Fin d’une ère

Cette démission marque la fin d’une ère. Alessandro Profumo dirigeait le groupe depuis 1997 et en a fait la plus grande banque d’Italie et l’une des plus grandes de la zone euro en se lançant dans une campagne d’acquisitions. Le poste de Alessandro Profumo sera occupé temporairement par le président Dieter Rampl qui devra lui trouver un successeur «au cours des prochaines semaines».

Ce départ était attendu, les tensions avec les actionnaires et le président Dieter Rampl ayant atteint un point de non-retour. Selon l’agence Ansa, Alessandro Profumo devrait toucher 40 millions d’euros d’indemnités de départ, un chiffre non confirmé par la banque.

Tripoli

La crise au sein d’UniCredit a pour origine le renforcement cet été de la présence de la Libye au capital. Tripoli, qui dispose d’un siège au conseil d’administration, est devenu le premier actionnaire avec 7,5% si l’on additionne les parts de la banque centrale libyenne (4,99%) et du fonds souverain Libyan Investment Authority (2,59%).

Les fondations bancaires italiennes, actionnaires historiques d’UniCredit et relais des autorités politiques locales, ainsi que Dieter Rampl (ancien patron de la banque allemande HVB avec qui UniCredit a fusionné en 2005), soutenu par les actionnaires allemands, n’ont pas pardonné à M. Profumo de n’avoir informé personne.

Goutte d’eau

«Qui fait une erreur doit payer», a lancé le maire de Vérone, Flavio Tosi, dont le parti, la Ligue du Nord, veut accroître son influence au sein des banques via les fondations bancaires. La fondation Cariverona, représentant Vérone, est le plus gros actionnaire italien d’UniCredit avec 4,6%.

Mais la Libye semble avoir seulement été la goutte d’eau ayant fait déborder le vase. Les actionnaires ont en effet fait payer sa trop grande autonomie à Alessandro Profumo, qui ne les associait pas assez à la stratégie de la banque alors qu’ils avaient accepté de la recapitaliser à deux reprises durant la crise. Ils étaient également critiques sur la performance financière du groupe.

Au printemps, une crise avait déjà éclaté à propos de la fusion des différentes entités du groupe en Italie. Le patron avait mis sa démission dans la balance avant de se faire imposer la nomination d’un responsable pour l’Italie par les fondations bancaires, qui craignaient une diminution de leur influence.

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