Richard Powers signe avec «L’Ombre en fuite» un roman ambitieux où il revisite le mythe platonicien de la caverne à l’époque moderne. L’Américain, qui dicte ses textes couché à un logiciel de reconnaissance vocale, explore à la fois les cavernes scientifiques et les sombres geôles où sont retenus les otages. Une vaste fugue à deux voix.
Powers, le bien nommé. Avec lui, ce qu’on appelle «le grand roman américain» retrouve ses pouvoirs démiurgiques. Car son œuvre est une des plus inventives des deux dernières décennies: orchestration de haut vol, profondeur philosophique, regard panoramique sur l’histoire des hommes. Mais, pour Powers, la littérature est également une ascèse intérieure qui lui permet de s’éloigner du monde, afin de mieux le déchiffrer. «Un livre, dit-il, est toujours un acte de distanciation. On est dans la pénombre, on entend des voix dans sa tête et, pendant toutes ces heures qui ressemblent à une prière, on est hors du temps.»|
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