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france mardi 20 mars 2012

La communauté juive horrifiée

L’hypothèse d’un crime antisémite ou raciste est largement évoquée

«Dans cette école, on se connaît tous. C’est comme si nos propres enfants avaient été tués.» Cette mère en larmes, interviewée devant le collège-lycée de Toulouse où s’est déroulée la tragédie, décrit les sentiments qui animent les parents dont les enfants fréquentent l’établissement Ozar Hatorah.

L’ensemble de la communauté juive de France, forte de 500 000 membres, dont 20 000 à 25 000 dans la Ville rose, partage la peine des familles endeuillées. «Je suis meurtri dans mon corps et dans mon âme», «terriblement bouleversé» et «horrifié», a déclaré Gilles Bernheim. Le grand rabbin de France s’est rendu sur place, de même que Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France. Deux marches silencieuses, ainsi que des services religieux, ont été organisées en fin de journée à Toulouse et Paris pour rendre hommage aux victimes de la fusillade.

Sur la chaîne BFM, le président de l’Union des étudiants juifs de France, Jonathan Hayoun, a dénoncé «un crime antisémite», qui «laisse sans voix». «La libération de la parole antisémite et raciste crée aujourd’hui un climat d’insécurité pour les juifs en France: des juifs sont pris pour cible parce qu’ils sont juifs. Nous appelons à une mobilisation de tous les citoyens français», écrit-il sur le site de l’association. A la télévision, il a salué un «sursaut républicain réconfortant» à travers le pays. L’hypothèse d’un acte raciste a été renforcée par les paroles de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat a rappelé que, parmi les militaires tués la semaine dernière, deux étaient d’origine maghrébine, un autre Antillais. En attendant d’en savoir plus, les mesures de sécurité ont été renforcées aux abords des écoles juives, des synagogues et des centres communautaires, protégés comme d’autres bâtiments de la communauté juive depuis 2005.

Solidarité musulmane

Parmi les réactions de soutien à la communauté juive, celle du président du Conseil français du culte musulman. Mohammed Moussaoui, qui s’est dit «horrifié», a «exprimé toute sa solidarité et celle des musulmans de France».

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