Texte - +
Imprimer
Reproduire
politique samedi 21 janvier 2012

Sous pression financière, la Hongrie ménage Bruxelles

Viktor Orban a mis en sourdine son euroscepticisme. (AFP)

Viktor Orban a mis en sourdine son euroscepticisme. (AFP)

Viktor Orban se dit prêt à revoir son plan de réforme de la Banque centrale

La fin de semaine n’aura pas été victorieuse pour le premier ministre hongrois Viktor Orban et son négociateur en chef pour les questions financières, le ministre Tamas Fellegi.

Reçu vendredi matin à Bruxelles par le commissaire aux affaires économiques, Olli Rehn, ce dernier s’est vu répéter que l’ouverture de négociations sur une aide financière à la Hongrie restait conditionnée au retrait de la réforme controversée de la Banque centrale. Le gouvernement ultra-conservateur de Budapest s’est attiré les foudres de ses partenaires de l’UE en voulant fusionner la Banque centrale avec l’autorité de supervision financière, dans le but évident de miner leur indépendance. Résultat: le premier ministre hongrois, qui rencontrera mardi à Bruxelles le président de la Commission, José Manuel Barroso, a laissé entendre que cette fusion pourrait être abandonnée. Celui-ci a aussi indiqué qu’il n’exigeait plus qu’un membre du gouvernement siège comme observateur au conseil de la Banque centrale.

Ces mots conciliateurs sont surtout la conséquence des chiffres. Endettée (notamment en francs suisses) à hauteur de 81% du PIB, la Hongrie – dont les trois agences de notation ont toutes dégradé la note souveraine en début d’année pour la placer dans la catégorie «à hauts risques» – se refinance à des taux d’intérêts intenables, supérieurs à 10%, alors que ses perspectives de croissance sont les plus faibles parmi les nouveaux pays membres de l’UE. Sa décision de rompre, en décembre, les pourparlers avec le FMI et l’Union européenne sur un éventuel fonds de secours d’environ 20 milliards d’euros, a par conséquent abouti à une impasse que le ministre Fellegi s’est efforcée, cette semaine, de dénouer, tant bien que mal, à Washington et à Bruxelles.

L’état désastreux des finances publiques hongroises oblige aussi le gouvernement Orban à mettre en sourdine son euroscepticisme et ses réticences à propos du futur traité sur «l’Union pour la stabilité», dont une nouvelle version a été rendue publique jeudi. En théorie, la Hongrie fait partie des pays qui, comme la Suède et la République tchèque, ont accepté de participer aux travaux institutionnels tout en promettant de consulter leur parlement avant toute approbation définitive. Le suspense demeure donc. Mais, dans les faits, Budapest se retrouve coincé par le fait que le texte dévoilé hier propose de limiter les sauvetages financiers aux pays signataires… S’y opposer reviendrait donc à s’interdire, demain, d’appeler ses partenaires européens au secours. Le projet de traité sera soumis le 30 janvier à Bruxelles aux chefs d’Etat ou de gouvernement des 26 pays engagés dans les discussions, lors d’un sommet informel.

Manœuvre limitée

Dernier sujet épineux entre la Hongrie et la Commission: celui du projet de «flat tax» de 16% sur les bénéfices des entreprises, récusée par les pays voisins comme du dumping fiscal. «A l’évidence, cette réforme fait partie des sujets qui sont sur la table des négociations», a reconnu le ministre Tamas Fellegi. L’Allemagne et la France comptent pousser pour une plus grande convergence fiscale mardi, lors de la réunion des ministres des Finances des Vingt-Sept qui se déroulera parallèlement aux entretiens Orban-Barroso. Ce qui promet de limiter encore plus la marge de manœuvre de Budapest.

Reproduire
Texte - +