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open d’australie lundi 23 janvier 2012

La leçon de Federer à Tomic

Roger Federer s’est montré sans pitié envers Bernard Tomic. (EPA)

Roger Federer s’est montré sans pitié envers Bernard Tomic. (EPA)

Le Bâlois, vainqueur 6-4 6-2 6-2 du jeune prodige australien, disputera mardi face à Del Potro son 1000e match sur le Circuit

L’Australie s’emballait. Et s’interrogeait sur le miracle possible. Les journaux dominicaux décortiquaient les chances de leur étoile montante, Bernard Tomic, 19 ans, de créer la surprise face à son idole Roger Federer. Avec des phrases pléonastiques de la part du candidat à l’exploit: «J’espère bien jouer contre lui. Je dois bien jouer contre lui. Contre Roger, tu dois savoir comment jouer au tennis et tu dois bien jouer au tennis.» Ou encore à propos de leur échange à l’issue de leur unique face-à-face, à Sydney en Coupe Davis: «Il m’a donné quelques conseils. Ce qui est bien puisque je dois jouer contre lui. Merci Roger. Il m’a dit que j’étais bon, que j’avais un jeu différent et que je pouvais progresser.»

L’Australie n’a pas vu un de ses siens remporter l’Open d’Australie depuis Mark Edmonson en 1976. Alors, le tournoi a voulu faire mousser le public avec la perspective d’un éventuel premier quart de finale à l’«Aussie Open» pour ce grand espoir de la nation qui avait remporté le tournoi juniors en 2008 à l’âge de 15 ans. La presse annonçait un match potentiellement disputé, un premier vrai test pour le numéro trois mondial dans cette édition 2012.

Apprenti champion

L’affiche de cette nocturne dans la Rod Laver Arena a été largement survendue. Malgré une petite crispation lors des premiers jeux, le Bâlois a très vite réussi à bousculer l’impétrant en livrant son tennis de maître et en sortant ses meilleurs atouts, dont quelques belles amorties et des slices redoutables. Tomic, salement fessé et renvoyé à son statut d’adolescent apprenti champion, est redescendu du nuage sur lequel ses succès des premiers tours – face à Fernando Verdasco, Sam Querrey et Alexander Dolgopolov – l’avaient propulsé. Il s’est rendu à l’évidence: il n’est pas encore à la hauteur d’un joueur de la trempe de Federer. «C’est enrichissant de jouer contre le meilleur de tous les temps. On apprend beaucoup. Tu regardes ce qu’il fait et tu essaies de progresser», raconte le jeune Australien, qui fut incapable de mettre en place son propre jeu et encore moins de pratiquer efficacement ce slice qu’il avoue fièrement avoir modelé sur celui de Federer en le regardant jouer. «Je ne peux pas utiliser mes coups contre lui comme avec les autres. Face à Roger, plus tu tapes fort, plus la balle te revient en point gagnant, à chaque fois dans un coin différent», avoue Tomic. «C’est très étrange. Je n’avais jamais expérimenté ça avant. C’est sympa à regarder. Ça le fut même pour moi qui jouais», ajoute-t-il en riant.

Pour le numéro trois mondial, qualifié pour son 31e quart de finale de Grand Chelem d’affilée, le score (6-4 6-2 6-2) ne reflète pas la réalité du match. «J’ai quand même dû beaucoup travailler pendant ce match.» Et, finalement, lui aussi semble avoir souffert de l’ampleur donnée à cette rencontre.

Beaucoup de pression

«Est-ce la pression que je me suis mise? Je ne sais pas mais en tous les cas j’étais vraiment très concentré. Et j’avoue avoir ressenti beaucoup de pression pendant toute la journée, et même hier déjà. En fait, depuis l’instant où j’ai su que j’allais jouer contre lui. C’est un peu similaire à ce que j’avais ressenti à Bercy quand j’ai vu que Tsonga avait battu Isner. Le fait de devoir affronter Tsonga devant son public avait tout d’un coup changé toute la dimension du match. Et ça m’a fait pareil ici avec Tomic.» D’où la satisfaction du maître d’avoir réussi à livrer une partition parfaite. «C’était très important de jouer de la bonne manière, car tout aurait pu aussi mal se passer pour moi. Il fallait vraiment être constructif, dans ma façon de servir, de contrôler les échanges et de placer la balle. Finalement, j’ai réussi tout ce que je voulais et lui n’a pas pu appliquer son schéma de jeu. Je suis content d’avoir pu le dominer comme ça.»

Même sil n’a pas été vraiment chahuté, Federer va essayer de s’appuyer sur cette solide performance pour disputer son 1000e match sur le Circuit, mardi, face à Juan Martin Del Potro. Une autre paire de manches face à l’Argentin qui, après de longues blessures, semble en voie de retrouver son tennis de vainqueur de l’US Open 2009. Un vrai choc en perspective. Cette fois, on peut vraiment parler d’une belle affiche.

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