promenade dans la foire samedi13 juin 2009

Mettre le monde à l’envers pour retrouver l’endroit

Les trompe-l’œil d’Anish Kapoor, le rythme de Bridget Riley, la musique de Vassily Kandinsky, la taxinomie de Mark Dion, la révolte de William Kentridge, l’humour de Roman Signer – vivre tous les sentiments humains à Art Basel.

L’art, c’est la vie à l’envers, dit la sculpture d’Anish Kapoor (en une de ce Samedi Culturel). Ce maître des illusions en trois dimensions, né à Bombay en 1954, joue avec toutes les ressources de l’optique et des surfaces réfléchissantes pour provoquer l’étonnement, le plaisir et la réflexion. Car tout dépend des yeux, du regard, quand il s’agit des arts plastiques, ce nom qui est aujourd’hui celui des beaux-arts, et laisse entendre que le beau n’a plus d’importance, qu’on n’en est plus au XVIIe ou au XVIIIe siècle, quand l’idéal de la beauté était le but ultime des artistes; quand on débattait sur sa nature, sur son caractère universel et qu’il servait de modèle à la vie des individus et à la société. Un horizon inatteignable dont les artistes étaient les dépositaires. Le beau n’est plus qu’un sentiment diffus. Si la «plastique», la forme quelle qu’elle soit, a désormais pris sa place dans le langage spécialisé, le visiteur d’un musée, d’une exposition, et plus encore d’une foire d’art, est livré à sa propre intuition du beau. C’est avec elle qu’il sépare ce qu’il «aime» et ce qu’il «n’aime pas», autant dire ce qu’il voit et ce qu’il ne veut pas voir.

Les archives du Temps sont en libre accès. Vous devez toutefois vous identifier pour accéder à l'article complet.



Chargement des données...