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retraites mardi 05 février 2013

La fonction publique vaudoise refuse de passer à la caisse

Une manifestation de la fonction publique à Lausanne en 2008. (Laurent Gillieron/Keystone)

Une manifestation de la fonction publique à Lausanne en 2008. (Laurent Gillieron/Keystone)

Le Conseil d’Etat a mis sur la table le paquet de propositions pour relever le taux de couverture de la caisse de pension du personnel à 80% d’ici 2052 selon les directives fédérales. Réunis en assemblée générale lundi soir, les syndicats contestent la baisse des prestations

Les trois syndicats du personnel de l’Etat de Vaud rejettent le plan d’assainissement de la caisse de pension cantonale pour un total de 4,5 milliards: 3 à la charge de l’employeur et 1,5 des employés. L’assemblée générale réunie lundi soir a exprimé la volonté de défendre leurs retraites. Les faîtières – SSP, SUD et FSF – ont convoqué leurs troupes afin de transmettre au gouvernement l’opposition au projet, «destructeur des acquis sociaux et qui pourrait réduire les rentes d’un quart dans le pire des cas».

Les propositions gouvernementales sont destinées à ramener le taux de couverture à 80% d’ici à 2052, selon les directives fédérales appliquées aux institutions de prévoyance de droit public. Ce taux s’établit à 62,26% actuellement. Le plan doit être sous toit pour 2014. Celui-ci aligne des mesures, «raisonnables pour le Conseil d’Etat, «insupportables» pour les syndicats, qui réduisent les prestations et alourdissent la contribution des employés. En contrepartie, le Conseil d’Etat injecte directement 1,15 milliard dans le capital de la caisse et ensuite près de 2 milliards via des mécanismes pérennes de financement qui échappent ainsi aux aléas des marches boursiers. Le gouvernement a ouvert les négociations sur une solution «équilibrée censée emporter l’adhésion d’un large front politique», mais veut procéder rapidement.

Confrontée «aux menaces» du plan d’assainissement, l’assemblée des salariés a voulu davantage qu’une déclaration, même virulente. Elle a demandé du concret contre une opération que de tous côtés on juge «inutile», imposée par les Chambres fédérales Environ 400 personnes ont donc décidé de mobiliser la base, de sonder l’opportunité de descendre dans la rue, voire d’organiser une journée de grève.

Du coup, la concordance fragile entre les trois organisations a vacillé. Ce n’est pas nouveau. La fracture classique entre, d’un côté, les dirigeants du SSP et de SUD, plus «combatifs», et, de l’autre, la Fédération des sociétés des fonctionnaires (FSF) davantage tournée vers le compromis, a refait surface. Le crépis unitaire de la soirée a craquelé.

Embarras

Dans une certaine confusion, le besoin de se battre s’est mêlé à la crainte de rater la mobilisation indispensable, comme en 2005, année d’un précédent assainissement de la caisse. Le Conseil d’Etat à majorité de gauche embarrasse également. Les secrétaires syndicaux ont martelé que depuis 20 ans, d’un plan à l’autre, ce sont toujours les employés qui sont passés à la caisse. Et que l’exécutif actuel ne fait pas exception. Il n’empêche que les sentiments à l’égard de l’exécutif sont contrastés et exacerbés par sa coloration rose-verte. D’une part, on condamne un plan qui sent la trahison. De l’autre, on se dit qu’avec un collège de centre droit la facture aurait été plus salée. Et que sans négociations, on n’aurait plus de prise sur le plan lui-même. Au bout du compte, les collaborateurs de l’Etat veulent revoir «la répartition du financement de la caisse entre l’Etat et les salariés». Ce qui semble difficile. Le gouvernement n’est pas disposé à susciter l’hostilité du parlement, notamment de sa majorité de droite.

L’affrontement qui se prépare dans le canton de Vaud rappelle les autres réformes controversées des caisses de pensions publiques romandes sous la pression de la Confédération, du vieillissement de la population et des crises financières. La bataille la plus passionnée se joue actuellement à Genève. Un référendum des syndicats s’oppose à la fusion des deux caisses du personnel préconisée par les autorités. Un scrutin tranchera le 3 mars.

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