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L’Histoire samedi 19 décembre 2009

Trois Juillard aux perchoirs jurassiens

Les présidents 2010 du gouvernement, du parlement et du parlement de la jeunesse ont le même patronyme, Juillard

Les présidents 2010 du gouvernement, du parlement et du parlement de la jeunesse ont le même patronyme, Juillard. Il y eut un précédent, en 1995. Le Jura fut sous la coupe des Kohler. Pierre, PDC, actuel maire de Delémont, présidait le gouvernement; Jean-François, PLR, dirigeait le parlement.

Les Juillard font main basse sur les perchoirs jurassiens en 2010. Charles, juriste, 47 ans, PDC, sera président du Conseil d’Etat. ­Michel, biologiste, 58 ans, PLR, ornithologue averti et croisé de la damassine authentique, dirigera les débats du parlement. Et Nicolas, lycéen, 19 ans, fils de Charles, orchestre les séances du parlement de la jeunesse.

Coup d’Etat d’un clan? Mainmise d’une famille? «C’est le plus grand des hasards», rétorque Charles, ministre des Finances. Entre Charles et Michel, seuls les patronymes, dont on ignore la signification – peut-être un hypocoristique de Julien, selon l’étymologiste Marie-Thérèse Morlet – sont identiques. Il n’y a pas de lien de parenté.

Le premier est originaire de Damvant (120 habitants), sur la frontière franco-suisse, désormais intégré à la commune fusionnée de Haute-Ajoie. Michel est Bruntrutain, fils de patron libéral. Il habite à Miécourt (430 habitants), composante de la commune fusionnée de La Baroche.

Rien ne prédestinait les Juillard aux titres de présidents. Tout au plus Charles eut-il une grand-tante, Marie, perceptrice auprès du dernier tsar de Russie, au début du XXe siècle. Son père, Armand, a occupé la mairie de Damvant durant 25 ans.

L’élection des Juillard s’est faite sans histoire. Le parlement était pourtant d’humeur ascétique, n’octroyant que 41 voix sur 60 au président du Conseil d’Etat, 43 sur 60 au premier citoyen. Michel, ténor du législatif, a réclamé et obtenu 150 000 francs afin de doter le parlement d’un système de vote électronique. Charles eût préféré garder les cordons la bourse serrés. Michel apparaît comme un égaré au PLR, écolo aux aspirations de gauche. Réformateur, adepte de la rigueur, Charles est dans la ligne démocrate-chrétienne bourgeoise. Sûrement plus à droite que Michel.

Comme s’ils avaient voulu faire mentir leur étiquetage politique, Michel a exhorté ses collègues députés à porter «les habits de ville» lors des séances pour renforcer la «solennité» d’être élu. Après avoir fait un compliment à sa collègue socialiste Elisabeth Baume-Schneider, Charles a demandé que «la solidarité l’emporte sur le dogmatisme». Appelant le Jura à être «génial, c’est-à-dire capable d’initiative et de créativité».

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