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égypte mardi 27 novembre 2012

Le président Morsi ne recule que d’un pas

Agences

(AFP)

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Il a maintenu lundi le décret élargissant ses pouvoirs. Et fait une seule concession face à la contestation, sur la question des «domaines de souveraineté»

Mohamed Morsi a maintenu lundi le décret élargissant ses pouvoirs. Comme seule concession, il a accepté que ses décisions non relatives aux «domaines de souveraineté» puissent faire l’objet de recours en justice, a annoncé le porte-parole du président égyptien.

Cette position correspond au compromis proposé par les juges égyptiens. Ces derniers ont été rendus furieux par le décret présidentiel pris jeudi et empêchant toute contestation des décisions de Mohamed Morsi, dans l’attente de l’élection d’un nouveau parlement.

Mohamed Morsi a aussi réaffirmé le caractère temporaire du décret, selon son porte-parole Yasser Ali, qui s’exprimait à l’issue d’une réunion du chef d’Etat avec le Conseil suprême de la justice.

«Grand respect»

«Le président a exprimé son plus grand respect pour l’appareil judiciaire et pour ses membres», a dit Yasser Ali, précisant cependant à la presse qu’il «n’y a pas de changement dans la déclaration constitutionnelle».

Le ministre de la Justice, Ahmed Mekki, avait laissé entendre un peu plus tôt que M. Morsi était disposé à restreindre le champ de ses décisions échappant à tout recours en justice, afin de calmer la colère des juges et de l’opposition.

Il avait évoqué l’introduction d’un «amendement» qui préciserait que seules les «pouvoirs souverains» de Mohamed Morsi ne pourraient faire l’objet d’un recours, pas les simples décisions administratives. Manifestation annulée

Les Frères musulmans en Egypte ont par ailleurs annulé une manifestation convoquée pour mardi afin d’«éviter des affrontements» avec des manifestants ayant prévu de protester contre le décret élargissant les prérogatives de Mohamed Morsi.

«La manifestation a été annulée pour éviter tout affrontement ou troubles», a déclaré à l’AFP Ahmed Sobei, membre du Parti de la liberté et la justice (PLJ), branche politique de la confrérie islamiste.

Retour à Tahrir

Place Tahrir au Caire, où un village de tentes est érigé depuis vendredi pour demander le retrait des mesures présidentielles, une banderole affirme «Interdit aux Frères musulmans», la formation islamiste dont est issu M. Morsi.

Les partisans du président ont participé par ailleurs aux obsèques d’un jeune islamiste tué la veille dans des heurts à Damanhour, dans le delta du Nil.

Quant aux anti-Morsi, ils se sont rassemblés dans une mosquée de la place Tahrir pour les funérailles d’un militant mort dans la nuit de blessures reçues la semaine dernière. Selon le ministre de la Santé, 444 personnes au total ont été blessées dans les affrontements des derniers jours. Dérive «dictatoriale»

Le décret présidentiel permet à M. Morsi qui cumule déjà pouvoirs exécutif et législatif de prendre toute disposition qu’il jugerait nécessaire pour «la défense de la révolution», une formulation vague qui, pour ses adversaires, ouvre la voie à une dérive dictatoriale.

ElBaradei s’exprime

L’une des figures du camp laïque et libéral, Mohammed ElBaradei, a exigé une nouvelle fois lundi le «retrait pur et simple» de ces mesures. «Nous sommes face à un président qui impose une dictature», a-t-il insisté dans un entretien au journal indépendant «Al-Masry al-Youm».

Ses partisans ont souligné que ces pouvoirs doivent lui permettre de mettre en œuvre les réformes politiques, sociales et économiques indispensables pour réaliser les promesses portées par le soulèvement anti-Moubarak et abréger une période de transition jugée trop longue et chaotique.

Sur le plan diplomatique, l’Allemagne a exprimé lundi son «inquiétude» et souhaité que l’Egypte tienne le cap d’une évolution «démocratique». Les Etats-Unis et l’Union européenne notamment ont également exprimé des préoccupations similaires ces derniers jours.

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