Texte - +
Imprimer
Reproduire
découverte samedi 30 mai 2009

Bruxelles, capitale de la BD

(André Juillard/Bruxelles 2009)

(André Juillard/Bruxelles 2009)

De murs peints en stations de métro squattées par les héros de BD, en route pour Bruxelles, qui a proclamé 2009 Année de la bande dessinée

Plus que jamais, Bruxelles mérite son statut de capitale de la bande dessinée. La ville a en effet décrété 2009 Année de la BD. Une foule de manifestations et d’expositions jalonnent ces douze mois, avec quelques événements phares. En ce moment, c’est l’exposition Regards croisés sur la bande dessinée belge, au Musée royal des beaux-arts, qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte.

Vingt auteurs belges contemporains sont présentés par une foison de planches originales, mises en perspective par une histoire de la BD belge, toujours à travers des originaux somptueux, et surtout par leur «musée personnel», cinq œuvres du patrimoine mondial qui les ont inspirés. C’est sidérant: proposée par Comès, une planche de Krazy Kat de 1916 mise en couleurs par Herriman pour un ami; une grande planche de Little Nemo de 1910 convoquée par Schuiten; ou cette incroyable planche de Gillon pour Les Naufragés du temps, de près d’un mètre de haut, qu’invoque Hermann. Un trésor rare. A voir jusqu’au 28 juin.

Partout à Bruxelles, la bande dessinée surgit là où l’on s’y attend le moins. Dans les très huppées Galeries royales Saint-Hubert, la bijouterie à l’enseigne de «Ciel mes bijoux!» a-t-elle vu passer Bianca Castafiore, le rossignol milanais? La banque postale propose d’épargner avec Bob et Bobette. Et quelque quatre-vingts rues du centre-ville portent depuis deux ans des noms de héros de BD, comme le Petit Spirou. Mais ne vous fiez pas à ces plaques blanches, vous ne les retrouverez pas sur votre plan. Il s’agit d’animations liées à des ventes caritatives.

La ville dans les cases

Une façon de suivre la BD à Bruxelles est de découvrir la ville à partir des cases que les dessinateurs lui ont consacrées: l’Hôtel de Ville vu par Vandersteen dans Le Fantôme espagnol ou par Graton dans Michel Vaillant, la gare du Midi (et son ancienne tour) dans Le Mystère de la grande pyramide de Jacobs ou le parc de Bruxelles dans Il y a un sorcier à Champignac de Franquin… L’ouvrage Bruxelles dans la BD (lire ci-dessous) vous guide en 144 pages à travers cases et rues du «Pentagone» (le centre).

Dans le même sens, pour l’année de la BD, vingt auteurs, dont Juillard, Götting, Loustal ou Ever Meulen, ont exprimé leur regard sur Bruxelles dans un livre conçu par Goffin, dessinateur et fondateur d’un studio de communication par l’image.

L’autre façon, c’est de partir à la découverte des traces de la BD dans la ville. Une quarantaine de fresques ont été peintes sur des murs du centre ou de la périphérie pour remplacer les panneaux publicitaires sur les facades aveugles. Beaucoup d’auteurs belges, d’Hergé et Jacobs à Tibet, Dany ou Geluck, mais aussi les Suisses Marini avec son Scorpion (rue Treurenberg) et Zep (bd Bockstael à Laeken). Un guide de 48 pages illustrées, La BD dans la ville, vous conduit, tout comme le site internet de l’Année de la BD.

Vous y verrez aussi que, parmi les nombreuses stations de métro décorées par des artistes, celle de Porte de Hal est signée Schuiten, avec un peu partout des trams des Cités obscures surgissant des murs. Et à Stockel, vous avez rendez-vous sur les quais avec les innombrables personnages de Tintin.

Tintin, vous le trouverez aussi en bronze grandeur nature, au Centre culturel d’Uccle (47, rue Rouge), où il a été déplacé après avoir subi des déprédations dans un parc. En enseigne géante, il surplombe l’immeuble des Editions du Lombard, en face de la gare du Midi, où se situe une belle fresque du petit reporter juché sur une locomotive. Mais c’est surtout à Louvain-la-Neuve qu’il faut aller, où vient de s’ouvrir le remarquable Musée Hergé (LT du 28.05.2009). Et si vous voulez vraiment tout, tout voir, le logo dessiné par Hergé pour les missions belges en Antarctique figure sur un avion polaire au très beau Musée belge de l’aviation, au parc du Cinquantenaire. Sans oublier la Boutique Tintin, rue de la Colline.

Le style atome

Un passage par le Centre belge de la BD (CBBD, rue des Sables) s’impose, même si l’exposition permanente est poussiéreuse et désuète. Une exposition sur le manga en Europe se termine le 7 juin et sera remplacée le 9 juin par les mondes de Lanfeust de Troy, qui emballent les plus jeunes. Et si cela vous donne soif, le Bar dessiné, un peu plus loin (hôtel Radisson, rue du Fossé-aux-Loups), vous accueille le soir dès 18 h.

Enfin, dès le 4 juin, un détour par l’Atomium (métro Heysel) s’impose pour une exposition prometteuse sur le «style atome» moderniste lancé par Franquin, Tilleux et d’autres dans la foulée de l’Expo universelle de 1958 et repris en jouant sur le design par les Swarte, Chaland, Clerc et Ever Meulen.

Reproduire
Texte - +