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Jura lundi 12 novembre 2012

La mairie de Porrentruy bascule au centre gauche

Thomas Schaffter (au centre) devant l’hôtel de ville. (Roger Meier/Bist)

Thomas Schaffter (au centre) devant l’hôtel de ville. (Roger Meier/Bist)

Porrentruy la bourgeoise sera dirigée durant les cinq prochaines années par un maire chrétien-social, Thomas Schaffter. Il a battu le PDC Pierre-Arnauld Fueg de 28 voix. Un événement historique pour la ville

Les élections se suivent et ne se ressemblent pas pour la famille Schaffter à Porrentruy. A la Saint-Martin 2010, le père, Laurent Schaffter, était évincé du gouvernement jurassien, après deux mandats. Deux ans après, à la Saint-Martin 2012, le fils, Thomas Schaffter, 38 ans, s’empare de la mairie de Porrentruy. Le candidat du Parti chrétien-social indépendant (PCSI) l’a emporté sur le fil, pour 28 voix, avec 50,5% des suffrages contre 49,5% au candidat du PDC, Pierre-Arnauld Fueg.

Le succès d’un PCSI à Porrentruy est un événement historique. Depuis 116 ans, le PLR et le PDC se disputaient une petite ville à nette majorité bourgeoise, longtemps libérale-radicale, démocrate-chrétienne depuis seize ans avec Hubert Theurillat et Gérard Guenat.

Porrentruy bascule au centre gauche, non seulement à sa mairie, mais à son exécutif également, désormais composé de 3 PCSI, 1 socialiste et de 2 PDC et 1 PLR. Par contre, le parlement local reste à droite, avec 24 sièges PDC-PLR contre 17 à l’alliance PCSI-PS.

Le succès de Thomas Schaffter s’explique par la volonté de changement d’une ville en déclin lent, qui peine à se dessiner un avenir. En 2008 déjà, le même Thomas Schaffter avait échoué pour 116 voix face au maire PDC sortant Gérard Guenat. En 2012, fort du soutien du Parti socialiste, le candidat du PCSI a incarné l’envie de renouveau. La personnalité de ce jeune chef d’entreprise de 38 ans, au contact cordial, au discours engageant, a beaucoup compté. Il a dit son «énorme émotion» à la radio RFJ, sa «volonté d’aller de l’avant, de rassembler, de croire en l’avenir de cette ville». A l’inverse, le candidat du PDC, Pierre-Arnauld Fueg, 40 ans, chef du Service cantonal des contributions, faisait ses premiers pas en politique. Son inexpérience a pesé.

La campagne a été âpre à Porrentruy, avec un gros travail de terrain des deux candidats. Et à ce jeu-là, Thomas Schaffter au vaste réseau socio-associatif a été le plus habile. Porrentruy a aussi, implicitement, dit son mécontentement de la mairie PDC sortante. La participation est élevée, avec 61,6% (57,4% au premier tour).

Thomas Schaffter est un jeune loup ambitieux. La mairie de Porrentruy pourrait n’être qu’une étape et un tremplin vers la reconquête d’un fauteuil PCSI au gouvernement cantonal, lors des élections de 2015.

Déjà dominateur du premier tour des communales jurassiennes le 21 octobre, le PCSI a confirmé dimanche. Remportant une autre grande commune, celle de la Haute-Sorne, qui naîtra le 1er janvier 2013 de la fusion de Bassecourt et de quatre communes voisines (6800 habitants, même ordre de grandeur que Porrentruy). Déjà largement en tête après le premier tour, le chrétien-social Jean-Bernard Vallat a obtenu 54,8% des suffrages (1239), contre 1023 (45,2%) à l’indépendant Pascal Crétin, qui a assez largement bénéficié du report des voix du PDC. C’est toutefois insuffisant.

Le président de l’UDC jurassienne, Romain Schaer, n’a pas relevé le défi qu’il s’était fixé: prendre la mairie de La Baroche. Le candidat UDC a certes bien progressé après le premier tour, obtenant une majorité des voix libérales-radicales (le candidat PLR s’était retiré). Mais, avec 48% des suffrages, Romain Schaer reste à 25 voix du maire PDC sortant, Jean-Pierre Gindrat, réélu avec 325 voix (52%). Dans cette commune fusionnée en 2008 de La Baroche, la participation a atteint 74,7%.

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