Les lettres que le poète échangea avec les artistes dans le Paris de la Belle Epoque témoignent de ses talents de découvreur
Le poète d’Alcools et de Calligrammes a été durant quinze ans, et surtout de 1910 à 1914, un critique d’art perspicace et passionné. Cette monumentale correspondance démontre son talent de découvreur dans le Paris artistique cosmopolite de la Belle Epoque. Apollinaire, qui a pris très tôt le parti des inventeurs de l’art moderne, noue avec eux des relations tant amicales que professionnelles. «Je ne te vois plus, tu es mort?» demande Picasso dans une lettre de 1905 où il croque son ami marchant dans la rue chargé de livres. Avec le susceptible Max Jacob, les échanges sont parfois compliqués, et plus encore avec Marie Laurencin, jalouse des fréquentations de son «cher Wilhelm en sucre» à qui elle déclare: «Je t’aime mais je ne suis pas contente.» Le poète écrit en italien (sa langue maternelle) à Gino Severini, il collabore avec Derain et Dufy, soutient la Vaudoise Alice Bailly et la Russe Natalia Gontcharova et se lie avec Giorgio De Chirico, qui lui déclare: «Vous êtes le seul avec qui je peux parler librement.»|
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