Une fable aux accents bibliques, d’une noirceur imparable, tel est le dernier roman d’Eric Chevillard, situé sur une île d’où tous les habitants rêvent d’issir.
Choir est une île dont les habitants ne songent qu’à fuir, une manière d’atoll hérissé de récifs infranchissables, impossible d’en issir. Même déchoir, descendre plus bas que Choir, se révèle utopique. En des temps immémoriaux, le père fondateur s’est échappé par le haut, sur une fusée. Depuis, le troupeau lamentable attend son retour, comme les indigènes de Papouasie, le cargo qui comblera leurs attentes. Ilinuk le Polydactyle est le nom de ce démiurge. Le vieux Yoakam en perpétue la mémoire par la déclamation d’une épopée que le peuple de Choir écoute avec patience, jusqu’à ce que, page 245, il se fatigue enfin. «Il nous saoule bien un peu, l’ancêtre, avec son infini radotage.» Pour oublier, mieux vaut l’ivresse que procure l’alcool, même si elle risque de déchaîner de regrettables coïts: se reproduire, à Choir, est une faute, un délit, une grave erreur.|
Les archives du Temps sont en libre accès. Vous devez toutefois vous identifier pour accéder à l'article complet.
|