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alaska samedi17 octobre 2009

Sur la terre sauvage des ours

Jean-François Schwab Seattle

Des observatoires dans la nature permettent de s’approcher très près des ours, mais, en balade, mieux vaut se munir d’un spray au poivre spécifique contre les ours. (Jean-François Schwab)

Des observatoires dans la nature permettent de s’approcher très près des ours, mais, en balade, mieux vaut se munir d’un spray au poivre spécifique contre les ours. (Jean-François Schwab)

L’Etat américain de «La Dernière Frontière» compte quelque 40 000 grizzlis et plus de 50 000 ours noirs. On peut en voir beaucoup et de très près si l’on choisit le bon endroit. Récit d’une expérience humaine inoubliable

Quelle impression cela fait-il de se retrouver face à un grizzly? Ce scénario, on se l’était pourtant passé mentalement en boucle. On croyait même s’être assuré avec de nombreuses lectures sur les ours, être au clair avec les précautions nécessaires en cas de rencontre. C’était compter sans, bien sûr, la réalité et les tripes…

Car des brown bears (ours bruns ou grizzlis) et des black bears (ours noirs), nous en aurons vus tous les jours de notre séjour d’une semaine en Alaska, dans une cabane perdue au milieu de leur territoire.

Au «Pays du soleil
de minuit»

Nous avions commencé par réserver une des 200 cabins mises à disposition dans cet Etat par le Service des forêts du Département américain de l’agriculture (de 30 à 50 francs la nuit). Celle que nous avons retenue est située dans l’extrême sud-est du «Pays du soleil de minuit», tout en bas de la pointe sud de l’Inside Passage, portail géologique et labyrinthique du Last Frontier State. Cap sur le sud de la capitale, Juneau, à deux heures d’avion plus une bonne heure de bateau depuis Seattle, à 50 kilomètres de la frontière canadienne.

Bienvenue à Anan Bay Cabin dans la Tongass National Forest, région connue pour posséder l’une des plus fortes concentrations d’ours noirs et de grizzlis du sud-est de l’Alaska. Il y a même un sentier de 2 kilomètres qui mène à un petit observatoire réputé pour offrir une vue imprenable sur ces mammifères venant pêcher en juillet et en août, lorsque le cours de l’Anan Creek pullule de saumons remontant le courant pour frayer. De ce spectacle d’une nature de forêts et d’eaux courant à l’infini, on retiendra aussi les nombreux aigles, des pygargues à tête blanche, et tant d’autres oiseaux, ainsi que les otaries. Le décor est époustouflant, fait de labyrinthes de détroits, d’immenses bras d’océans, de larges canaux d’eau et de baies, d’îles, de presqu’îles, de petites montagnes tapissées de forêts de pins, de lacs aussi, de montagnes d’altitude plus au loin. Partout, des rochers. Paysages de terre et d’océan extraordinaires.



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