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réformes des retraites jeudi 23 septembre 2010

Nouvelle journée de grève en France

AFP

(AFP)

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Pour la deuxième fois en un peu plus de deux semaines, la France est perturbée jeudi par une journée nationale de grève et de manifestations contre la réforme des retraites, test politique majeur pour le président Nicolas Sarkozy

La manifestation parisienne contre la réforme des retraites en France a réuni jeudi après-midi 300’000 manifestants selon les syndicats, et seulement 65’000 pour la police. Cette importante divergence dans les chiffres se retrouve dans l’appréciation de la mobilisation par rapport à la précédente journée de grève et de manifestation contre cette réforme phare du second mandat du président Nicolas Sarkozy.

Les syndicats estiment avoir réussi leur pari en mobilisant dans la capitale 30’000 personnes de plus que le 7 septembre, alors que la police dénombre 15’000 manifestants en moins qu’il y a deux semaines. La manifestation parisienne est la principale des 230 défilés organisés dans toute la France. Le projet de loi controversé sur les retraites prévoit notamment le relèvement de 60 à 62 ans, à l’horizon 2018, de l’âge minimal de départ à la retraite.

Au plus bas dans les sondages, impopulaire en France et affaibli en Europe après les polémiques sur les Roms, Nicolas Sarkozy veut tenir bon sur cette réforme, chantier phare sur lequel il compte pour reprendre la main sur l’agenda politique avant la présidentielle de 2012.

L’ampleur de la mobilisation sociale sera déterminante pour la suite du mouvement, ont reconnu les syndicats, qui espèrent faire mieux que le 7 septembre, précédente journée d’action qui avait rassemblé plus d’un million de personnes dans les rues de France selon la police et jusqu’à 2,7 millions selon la CGT, premier syndicat. Les perturbations ont commencé tôt jeudi matin, affectant essentiellement la circulation des trains et avions, ainsi que des écoles.

Dans les aéroports, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) prévoyait l’annulation de 50% des vols programmés jeudi à Orly et de 40% des vols à Roissy Charles de Gaulle. Pour les autres aéroports français, 40% des vols seront annulés. L’impact sur le trafic aérien s’annonce plus élevé que le 7 septembre, où 25% des vols avaient été annulés dans les aéroports parisiens

Les trains et les métros pourraient être moins touchés. Dans les chemins de fer, la société SNCF prévoyait de faire rouler un train à grande vitesse sur deux, mais le trafic international vers la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne était quasi-normal. Dans le métro parisien, peu de rames bondées et pas de bousculade aux heures de pointe matinales: les perturbations étaient limitées, avec un train sur deux en moyenne.

Réforme emblématique de la seconde partie du mandat du président Nicolas Sarkozy, le projet de loi controversé sur les retraites prévoit notamment le relèvement de 60 à 62 ans, à l’horizon 2018, de l’âge minimal de départ à la retraite. Le gouvernement considère que faire travailler les Français plus longtemps, à l’instar de leurs voisins européens, est la meilleure option pour assurer des besoins de financement évalués à 70 milliards d’euros d’ici à 2030.

C’est dans la rue que se jaugera le succès de cette journée pour les syndicats, qui affirment, soutenus par l’opposition de gauche, qu’un recul de l’exécutif est encore possible. Environ 230 manifestations sont prévues dans la journée dans les villes de France. «Les manifestations vont être massives», a pronostiqué jeudi matin François Chérèque le secrétaire général de la CFDT. «Il y a cinq ou six sujets où le gouvernement dit qu’il va falloir changer, donc sa réforme est mauvaise et c’est l’ensemble de la réforme qu’il faut changer», a-t-il réclamé.

Le texte a déjà été adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat doit commencer son examen le 5 octobre. Les syndicats attendent de la chambre haute du parlement qu’elle «réduise les injustices» du texte, notamment concernant le maintien d’une pension de retraite à taux plein à 65 ans (et non 67 ans comme le prévoit le texte) pour les plus pénalisés comme les femmes, en raison de carrières souvent irrégulières, ou ceux qui ont commencé à travailler jeunes.

Nicolas Sarkozy, qui avait déjà concédé quelques aménagements après les manifestations du 7 septembre, pourrait à nouveau faire un geste, probablement en faveur des handicapés, des femmes ou des chômeurs âgés.

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