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Hockey sur glace samedi 17 mars 2012

«Le titre? Il faut y croire, on est obligés…»

Hans Kossmann, entraîneur de Fribourg Gottéron, livre son sentiment avant la demi-finale de play-off contre Berne, qui commence samedi

Le Temps: Que peut-il bien se passer dans la tête d’un coach avant une demi-finale de play-off?

Hans Kossmann: C’est le calme avant la tempête. On se demande si on a fait le nécessaire pour préparer l’équipe.

– Alors, quelle est la réponse à cette question?

– Je crois que oui, mais il peut aussi me venir d’autres idées quand je regarde l’opposition.
Il faut que nous nous concentrions sur notre jeu plutôt que sur celui de Berne, mais il y a toujours des éléments, dans l’équipe d’en face, qui influencent la façon de se préparer. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps à disposition, mais j’ai le sentiment que l’équipe est prête.

– Quelles seront les clés pour contrer les Bernois?

– Cette équipe, avec son nouveau coach scandinave [le Finlandais Antti Tormänen], gère très bien la zone neutre, évolue de façon très compacte. A nous de gérer ça, de trouver les espaces sans en laisser à l’adversaire.

– Malgré son nouveau coach, vous connaissez bien la formation bernoise, puisque vous y avez officié comme entraîneur assistant de Larry Huras entre l’été 2009 et le printemps 2011, avec un titre de champion 2010 à la clé. Retrouver le SCB, à la tête du rival fribourgeois qui plus est, constituera forcément un moment particulier pour vous…

– Après la série contre Lugano, je suis content de tomber contre Berne. De 4 heures, le voyage passe à 25 minutes seulement. (Rires) Pour le reste, j’ai encore beaucoup d’amis là-bas, au sein de l’équipe comme en dehors, et c’est toujours un plaisir d’y retourner. Ce derby s’annonce chaud, ça sera une bonne chose pour le hockey sur glace en Suisse.

– Larry Huras, que vous venez d’éliminer avec Lugano, a affirmé que vous n’auriez aucune chance contre Berne. Qu’avez-vous envie de lui répondre?

– Je crois que Larry a plutôt dit ça pour essayer de nous aider en donnant le rôle de favori à Berne. En ce sens, c’est plutôt positif.

– C’est vous qui lui avez demandé de dire ça alors?

– Non. Nous avons parlé de certaines choses, mardi, après notre victoire lors du sixième match en quart de finale, mais rien de plus. Je crois que Larry, qui a débuté la saison à la tête de Berne [il a été licencié en octobre dernier], est plutôt de notre côté… On rediscutera ensemble de tout ça dans un mois, quand tout sera fini.

– Comment sentez-vous votre groupe, comment sont les ondes dans votre vestiaire?

– Tout va très bien, l’esprit est très positif. Tu attaques une demi-finale avec plus de confiance et de sérénité. C’est toujours un échec de sortir dès les quarts et, au niveau du club, c’est déjà un élément positif d’avoir atteint le dernier carré. Mon équipe a emmagasiné pas mal d’expérience dans cette série contre Lugano, qui n’était pas facile puisque nous avons dû revenir deux fois dans la série, à l’occasion de matches clés, après une défaite à domicile. Quelques-uns de mes jeunes joueurs ont eu un peu de peine à se mettre dans le rythme au début, avant de hausser le niveau de leurs prestations. C’est positif pour un club comme Gottéron, qui n’a pas eu beaucoup de succès en play-off ces dernières années.

– Même si le chemin est encore long, pensez-vous parfois, dans un coin de votre tête, au titre de champion national?

– Oui bien sûr! Il faut y croire, on est obligés. Les deux finalistes de l’an passé, Davos et Kloten, sont déjà dehors. Alors maintenant, les quatre équipes qui restent en course peuvent tout à fait rêver du titre de champion de Suisse. Le contraire serait malheureux.

– Le premier titre national dans l’histoire de Fribourg Gottéron, après avoir battu l’«ennemi» bernois en demi-finale, ce serait le rêve absolu pour tout supporter de Gottéron… Etes-vous conscient des attentes?

– Si nous devenons champions, ce sera quelque chose de très spécial ici, tout le monde est conscient de cela depuis le début de la saison. Mais bon, comme vous dites, le chemin est encore très long. Nous avons d’abord le plaisir de jouer Berne en demi-finale et nous allons absolument tout faire pour nous donner les chances de passer. Et si nous y parvenons, la pression et l’intensité augmenteront encore d’un cran en vue de la finale.

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