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Salon de l’auto mercredi 02 mars 2011

La Chine est devenue l’eldorado des constructeurs de voitures

Stefan Jacoby. Le patron de Volvo, est présent à Genève pour le Salon.

Stefan Jacoby. Le patron de Volvo, est présent à Genève pour le Salon.

Qu’ils soient américains, européens ou japonais, tous les fabricants de véhicules ne jurent que par l’Empire du Milieu pour assurer la croissance globale de leurs ventes

«La Chine est le collier de perles dans l’univers de General Motors». Dan Akerson, patron du groupe automobile américain, numéro deux mondial derrière Toyota, était enthousiaste, il y a quinze jours, en présentant sa stratégie de croissance en Chine.

A la veille de l’ouverture, jeudi, du Salon de l’automobile de Genève, où seul un constructeur chinois (BYD) tient un stand, les grands patrons présents ont rappelé qu’ils comptent sur la poursuite d’une forte demande en Chine pour faire progresser leurs ventes globales en 2011. Les accords de collaboration et les projets d’usines se multiplient, par exemple chez le suédois Volvo, racheté par le chinois Geely en août 2010, ou chez le français PSA (Peugeot-Citroën). Ce dernier a signé en juillet 2010 un second accord de collaboration avec le constructeur chinois Changan afin de produire, dès 2012, des voitures haut de gamme.

Dan Akerson ne souligne pas par hasard l’importance du marché chinois. General Motors (GM) doit une grande partie de sa renaissance économique à l’explosion de ce marché, qui est devenu dès 2009 le premier mondial en nombre de véhicules vendus (+46%), devant celui des Etats-Unis. L’an dernier, il a à nouveau explosé (+33%), à 13,7 millions de véhicules. Les restrictions gouvernementales, notamment à Pékin, contribuent à peine à réduire les perspectives de croissance cette année. L’agence de notation Fitch­Ratings prévoit une progression de 10 à 15% alors que la demande européenne, affectée par la disparition des primes à la casse, sera «stagnante, voire en baisse de 2%».

GM dispose de onze accords de collaboration en Chine, où le groupe américain a vendu 2,35 millions de véhicules l’an dernier. Sa part de marché s’élève à 11,4%, derrière Volkswagen (17%) et devant les japonais Toyota (7%) et Nissan (6%). «La Chine est le seul marché qui détiendra la plus forte croissance au monde ces 10 à 30 prochaines années», explique Dan Akerson. Les meilleures ventes de GM en Chine sont des véhicules de classe moyenne supérieure, comme la Buick Excelle, ou la Chevrolet Sail dont plusieurs milliers d’exemplaires fabriqués en Chine ont été exportés au Chili et au Pérou.

Exportations chinoises

Stefan Jacoby, patron de Volvo, estime que cette tendance à l’exportation s’accentuera. «Je pense effectivement que des Volvo faites en Chine seront exportées. C’est une simple question de temps», explique-t-il au Temp s. La réputation de qualité de la marque suédoise, que le chinois Geely a acquise pour 1,5 milliard de dollars, en souffrira-t-elle? «Pas du tout, rétorque le patron de Volvo, ancien manager chez Volkswagen. La qualité restera primordiale et la finition «Volvo» pourra à terme être réalisée en Chine.»

Volvo entend concurrencer le haut de gamme en Chine, soit des marques comme Audi, Mercedes ou BMW. Certains analystes financiers lui donnent de bonnes chances de succès, car, grâce à Geely, l’accès au marché sera facilité. D’autre part, constatent-ils, le consommateur chinois n’a pas, contrairement à l’européen, l’impression que les marques allemandes sont supérieures à la marque suédoise.

Design à Shanghai

Volvo vend actuellement, sur la base d’un ancien partenariat avec Ford, un peu plus de 30 000 voitures en Chine. «Notre objectif est d’atteindre 200 000 véhicules produits en Chine en 2015, sans pour autant délocaliser la production existant en Suède et en Belgique», explique Stefan Jacoby. Une nouvelle usine, située à 1600 km à l’ouest de Shanghai, sera mise en service en 2013, et le groupe souhaite également installer un centre de design à Shanghai.

Vincent Rambaud, directeur de la marque Peugeot, compte également sur la Chine pour améliorer les ventes internationales de PSA, qui devront passer de 39% aujourd’hui, à 50% en 2015 selon la planification du groupe. «Le marché français devrait régresser de 10% en 2011 alors que le marché chinois progressera à deux chiffres. Peugeot tirera profit de cette dynamique», explique-t-il au Temps.

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