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horlogerie mardi 01 mars 2011

«Swatch Group va créer cette année entre 1000 et 1500 emplois en Suisse»

(photo: Keystone)

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Nick Hayek, patron du numéro un mondial du secteur, évoque des taux de croissance «incroyablement dynamiques». Il n’y a toutefois «pas de surchauffe», selon lui

Le Temps: Après un exercice record en 2010, comment se présentent les affaires en ce début d’année?

Nick Hayek : L’incroyable dynamisme se poursuit. Normalement, janvier est le mois le plus faible de l’année. En 2011, il a toutefois été le meilleur janvier de tous les temps, et aussi le quatrième meilleur mois de l’histoire de Swatch Group, distinction qui est normalement réservée aux mois d’octobre, de novembre ou décembre. Et cela en francs suisses, malgré les taux de changes terribles. C’est énorme.

– Arrivez-vous à suivre la demande?

– Non, malheureusement. Après les mouvements, nous connaissons désormais de sérieux goulets d’étranglement dans l’habillage, soit les cadrans, aiguilles, couronnes, fermoirs et boîtes de montres. Cela pose des problèmes épineux de livraison pour toutes nos marques y compris le luxe, mais surtout aussi pour nos marques de volume, comme Longines, Tissot, Swatch ou Calvin Klein. C’est devenu le grand défi. Nous devrons donc augmenter les capacités de production de nos usines et même en construire de nouvelles. Malgré notre expérience dans la construction d’usines, cela prend un certain temps.

– Concrètement, que va-t-il se passer?

– Prenons l’exemple d’Universo, fabricants d’aiguilles, qui a engagé et formé 180 personnes supplémentaires l’an passé. Et on est déjà de nouveau à la limite des capacités. Raison pour laquelle nous sommes en train de planifier la construction d’un nouveau bâtiment à La Chaux-de-Fonds. ETA, fabricant de mouvements, va s’agrandir à Boncourt, tout comme à Granges et à Sion, et également au Tessin. La marque Swatch a besoin d’au moins deux lignes de production supplémentaires. Chez Omega, le personnel travaille jour et nuit. Dans les trois prochains mois, nous allons investir 85 millions de francs pour une nouvelle chaîne de montage destinée aux nouveaux calibres conçus par Omega.

– D’où un besoin nettement accru en personnel…

– Swatch Group a déjà augmenté ses effectifs de 1600 personnes en 2010, en comprenant l’international. Cette année, nous allons avoir besoin de 1000 à 1500 personnes additionnelles rien qu’en Suisse [ndlr: un peu plus de 13 000 à l’heure actuelle dans le pays]. Et encore, c’est une estimation prudente. Cet accroissement est absolument nécessaire.

– Ces problèmes d’approvisionnement touchent donc également vos concurrents, puisque vous les livrez pour beaucoup d’entre eux…

– Cela va de soi. Je n’aimerais pas être à la place des marques qui se présentent comme des entreprises industrielles mais qui ne le sont pas dans les faits et qui ne dépendent que de tiers. Celles qui ont préféré faire du bluff marketing ces dernières années et qui n’ont pas voulu investir dans l’outil industriel vont certainement souffrir. Ceci est malheureux parce que la Suisse et l’horlogerie suisse ont besoin d’un vrai engagement industriel et non pas d’opportunistes qui veulent uniquement profiter du Swiss made sans pour autant prendre des risques industriels eux-mêmes.

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