Texte - +
Imprimer
Reproduire
QUESTION JURASSIENNE jeudi 28 juin 2012

Le vote institutionnel des Juras aura bien lieu

Par 16 voix contre 7, l’institution des francophones bernois appuie le processus négocié par les gouvernements bernois et jurassien

Les Jurassiens du canton et ceux qui avaient décidé en 1975 de rester bernois revoteront bel et bien, en principe en automne 2013, sur leur avenir institutionnel. Soit ils confirment le statu quo, soit tout ou partie du Jura bernois accepte de créer un nouveau canton avec l’actuel Jura. Ce projet a été négocié par les gouvernements jurassien et bernois, afin de mettre un terme définitif à la Question jurassienne.

Il subsistait toutefois un doute. Le Conseil du Jura bernois, instance élue qui représente les francophones du canton de Berne, disposait d’un droit de veto. Le gouvernement bernois estimait que le processus pouvait être stoppé net si le CJB ne le soutenait pas.

Composé de 24 membres dont la majorité est favorable au maintien du Jura bernois dans le canton de Berne, le CJB a d’abord laissé entendre qu’il désapprouvait le principe du vote, affirmant que la question avait été réglée en 1975. Mais il était difficile de justifier le refus d’un vote populaire, ce d’autant qu’il avait été souhaité par l’Assemblée interjurassienne. Il fallait trouver une parade, pour faire contre mauvaise fortune bon coeur, se plier au principe du vote populaire tout en réaffirmant que la place du Jura bernois est dans le canton de Berne.

Rompu aux compromis interjurassiens, le patron horloger et élu PLR Walter von Kaenel, bien qu’absent lors de la décision prise mercredi soir, a proposé que le CJB écrive sans tarder aux communes du Jura bernois pour les mettre en garde contre les risques du processus de vote prévu par les gouvernements.

La formule von Kaenel a convaincu un majorité du CJB, qui a donné son accord au vote et au processus voulu par les gouvernements, par 16 voix contre 7. Les sept opposants appartiennent tous à l’UDC, qui a fait du rejet de tout ce qui a trait à la Question jurassienne son fond de commerce.

Mais la majorité des seize membres du CJB favorables au vote n’est pas unie. Elle se divise en deux sous-groupes. D’un côté, les autonomistes et le Verts, favorables au vote d’autodétermination et à la création d’un nouveau canton des Juras, y voyant une chance institutionnelle et économique pour les deux régions. De l’autre, des représentants de partis qui prônent le maintien du Jura bernois dans le canton de Berne, mais qui acceptent l’exercice démocratique prôné par les gouvernements.

C’est ce dernier groupe qu’il fallait convaincre, et qui a admis le principe du vote, à condition d’avertir les Jurassiens bernois des risques de l’exercice.

Le résultat global du vote de 2013 ne semble pas faire beaucoup de doute. Une majorité du Jura bernois devrait voter pour le statu quo. Mais le processus arrêté par les gouvernements prévoit une deuxième phase, permettant aux communes du Jura bernois qui le souhaitent de demander leur rattachement au canton du Jura. Moutier qui élit des autorités autonomistes depuis plus vingt ans pourrait saisir cette opportunité.

C’est ce volet communaliste qui déplaît. « La possibilité du vote communaliste porte en elle le germe d’un éclatement du Jura bernois », craint la majorité du CJB. Elle affirme alors que tout le monde y perdra, dans le Jura bernois, les communes qui changeront de canton comme celles qui resteront bernoises.

Souvent considéré comme un frein à l’avancement de la résolution de la Question jurassienne, le Conseil du Jura bernois donne un coup d’accélérateur. En acceptant le principe du vote, jusqu’au terme du processus, et en entrant simultanément dans la campagne.

Dès ce vendredi, le gouvernement bernois prend le relais, en présentant les bases légales qui permettront le vote du Jura bernois en 2013.

Reproduire
Texte - +