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Genève jeudi 07 février 2013

Un plan B pour le nouveau Musée d’art et d’histoire

Le Musée d’art et histoire saisi en octobre 2011. (Salvatore Di Nolfi/Keystone)

Le Musée d’art et histoire saisi en octobre 2011. (Salvatore Di Nolfi/Keystone)

Menacé par les oppositions, le projet de rénovation et d’extension subit un lifting

Les autorités de la Ville de Genève ont présenté jeudi une version révisée du projet de rénovation et d’extension du Musée d’art et d’histoire (MAH). Cette nouvelle copie estompe les éléments qui, l’an dernier, s’étaient attiré les foudres des associations patrimoniales et un préavis négatif de la puissante Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS). Des membres de cette commission ont d’ailleurs pris part à la correction du projet et la CMNS a donné son feu vert à ce «projet bis». «C’est un compromis, mais c’en est un bon», a déclaré le maire Rémy Pagani, en charge de l’aménagement et des constructions.

Les critiques avaient visé le comblement, prévu par l’équipe architecturale de Jean Nouvel, de la cour intérieure du bâtiment historique du MAH, inauguré en 1910. Dans la version révisée, ce remplissage est nettement atténué: plusieurs plateaux sont remplacés par ce que les concepteurs appellent des «mezzanines flottantes», laissant une vision pleine sur trois des côtés de la cour, dont le plus monumental. Dérogatoire par rapport aux normes du quartier, le gabarit du projet a été rabaissé de près de sept mètres et satisfait désormais aux textes légaux. En outre, les structures nouvelles ne seront plus arrimées de façon intrusive dans les murs historiques: les parties basses disposeront de leurs propres fondations tandis que les niveaux supérieurs se superposeront sur l’édifice de 1910, de façon «réversible», assure le Département municipal des constructions. Un restaurant panoramique et un forum souterrain restent prévus.

Ce dispositif offre moins de nouvelles surfaces au sein même du bâtiment historique. Les architectes ont plus que compensé cette perte en exploitant en souterrain la cour des Casemates, située à l’arrière du musée. Au final, le MAH pourrait disposer de 27 740 mètres carrés, soit 10 000 de plus qu’actuellement et 1280 de plus par rapport au projet tel qu’il se présentait encore l’an dernier. Ces gains doivent permettre de mieux valoriser les collections du musée et de restituer aux visiteurs des pans restés invisibles ces dernières années (collections d’horlogerie ou d’instruments anciens). L’extension doit s’accompagner d’une rénovation du bâtiment existant, indispensable puisque l’édifice ne parvient plus à assurer des conditions admissibles de conservation des œuvres.

Le coût de l’opération n’est pas encore chiffré, mais le but est de rester dans la cible des 127 millions de francs qui étaient avancés l’an dernier. Le projet a été présenté jeudi aux partenaires privés qui se sont engagés à financer la moitié des coûts. Le principal mécène, Jean-Claude Gandur, s’est déclaré «enthousiaste», selon le magistrat chargé de la Culture, Sami Kanaan, qui évoque «une avancée importante vers un projet de grande qualité». Un crédit de réalisation devrait être soumis cette année encore au Conseil municipal. Jean-Claude Gandur a conditionné son appui à un démarrage des travaux survenant au plus tard en mars 2018.

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