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Théâtre mardi9 février 2010

Les joies du speed dating théâtral

«Kafka sur le rivage». Grâce à la plateforme de rencontres, cette création de Robert Sandoz sera reprise au Théâtre Benno Besson d’Yverdon, au CO2 de Bulle et au Théâtre de Valère à Sion. (Guillaume Perret)

«Kafka sur le rivage».  Grâce à la plateforme de rencontres, cette création de Robert Sandoz sera reprise au Théâtre Benno Besson d’Yverdon, au CO2 de Bulle et au Théâtre de Valère à Sion. (Guillaume Perret)

Huit minutes pour convaincre. Chaque année, une dizaine de jeunes metteurs en scène ont rendez-vous devant tous les directeurs de théâtres romands pour vendre leur projet. Témoignages

C’est une histoire de parrains et de poulains. Une histoire de rencontres surtout, qui permet de rentrer dans le concret, de connaître la réalité de chacun. Depuis quatre ans, l’ensemble des directeurs des théâtres romands et la Corodis (Commission romande de diffusion des spectacles) organisent une journée en janvier durant laquelle une dizaine de metteurs en scène, souvent jeunes, présentent leur projet de spectacle déjà produit par un lieu, dans le but de le vendre à d’autres salles avant sa création. Plus qu’une coproduction, il s’agit d’un préachat. Mais il s’agit surtout pour les artistes de tisser des liens avec ce précieux parterre de décideurs. A l’Arsenic à Lausanne, l’édition 2010 vient de réunir huit candidats devant plus de soixante acheteurs.

«Les directeurs sont souvent occupés, difficiles d’accès. Là, on les a tous devant nous en même temps. Impressionnant!» Joan Mompart peut se réjouir. Dès sa première mise en scène dans l’Institution, le comédien a été retenu pour évoquer en huit minutes La Reine des Neiges, à l’affiche du Petit Théâtre de Lausanne et d’Am Stram Gram à Genève, l’an prochain. «Ce sera, dit-il, Charlot dans le monde d’Andersen. Que ferait le comique au ventre creux s’il se retrouvait devant la maison d’Hansel et Gretel?» Cette question a plu à Thierry Loup, directeur de Nuithonie, à Villars-sur-Glâne, et à Lorenzo Malaguerra, directeur du Crochetan, à Monthey. Les deux ont signé pour ce spectacle. «Et quatre autres lieux sont intéressés», se réjouit Joan Mompart qui était brièvement présenté par Sophie Gardaz, directrice du Petit Théâtre de Lausanne.

«Chaque metteur en scène est introduit par le directeur qui produit son projet, explique Karine Grasset, responsable de la Corodis. Du reste, toute l’initiative est à mettre au bénéfice des directeurs qui ont décidé de mieux soutenir la création locale.» Des décideurs qui se partagent entre l’Union des Théâtres romands (UTR) et le Pool des théâtres romands (voir encadré). «Tout débute en décembre», poursuit la jeune femme. «Les dirigeants m’envoient trois projets qui vont être créés chez eux et qui pourraient séduire leurs pairs. Cette année, j’ai reçu 37 dossiers. Ils figurent sur un site interne de la Corodis à disposition des directeurs qui ont deux possibilités. Soit ils achètent le spectacle à venir, soit ils demandent de rencontrer son auteur. Les artistes les plus cités sont les élus de la journée.»



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