Groupe parmi les plus influents des deux dernières décennies, le duo de Bristol sort «Heligoland», un cinquième album apaisé, enluminé par une brochette de stars sans paillettes. Récit
Jamais la question du trépas artistique n’a été aussi inscrite dans les gènes d’un groupe. Jamais l’arrivée d’un nouvel album – comme celui qui sort ce samedi chez les disquaires – n’a eu autant les traits crispés d’un sursis inattendu. L’histoire de Massive Attack est entièrement liée à ce double mouvement paradoxal. C’est une expérience scandée par des simulacres de mort dont la puissante dramaturgie pourrait laisser penser à d’obscurs plans médiatiques savamment orchestrés pour attiser les «buzz» et épaissir le mystère qui entoure la formation. En vingt ans d’existence, le groupe de Bristol n’a cessé d’annoncer son implosion. A chaque sortie des studios d’enregistrement, il a été question de déchirements irréparables et d’engueulades épiques, d’inconciliables incompatibilités caractérielles et de délitement irrémédiable des effectifs.|
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