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Mon Europe jeudi 28 février 2013

De la viande du cheval pour les Restos du cœur?

Plusieurs millions de portions de lasagnes, de hachis parmentier, de moussaka, de la sauce bolognaise, du chili con carne, des boulettes et autres menus surgelés contenant frauduleusement de la viande chevaline à la place du bœuf ont été retirés ces dernières semaines des supermarchés dans une dizaine des pays en Europe. Et il y en a encore des dizaines de tonnes en stock. Selon une étude publiée lundi par le cabinet Nielsen, les ventes des plats surgelés à base de viande ont reculé de 45% en France dans la semaine où a éclaté le scandale. En volume, ce sont 300 tonnes de moins qui ont été vendues par rapport à la même période en 2012.

Toute cette nourriture finira-elle à la déchetterie? Et si on la servait à la soupe populaire, de plus en plus fréquentée en ces temps de crise… Des chiffres officiels publiés le 26 février indiquent que 27% des enfants de moins de 18 ans en Europe, soit 25,3 millions, étaient menacés de pauvreté ou d’exclusion en 2011. En Suisse, ce sont 269 000 enfants qui sont concernés.

La question n’est pas farfelue. En Suisse, Coop a retiré cinq produits de ses bacs surgelés et les a détruits. Le distributeur a analysé toutes les possibilités, y compris celle «de les offrir aux tiers». Trop compliqué et surtout, il n’était pas possible de garantir la qualité des produits. Sans faire plus de remous, l’affaire a été ainsi vite liquidée.

En Belgique, les associations caritatives ont pris les devants. Bien inspirées, elles ont demandé aux producteurs comme Findus de garder les plats incriminés au frais. En attendant, elles veulent être certaines de pouvoir assurer la chaîne du froid et distribuer les repas dans leurs réseaux. Les Restos du Cœur belges ou la Fédération des Banques alimentaires disent avoir les infrastructures nécessaires, mais réclament la garantie qu’il n’y a aucun risque sanitaire à consommer ces plats. De nouvelles étiquettes pourraient dire toute la vérité.

En France, la presse associative soulève aussi la question et va jusqu’à exiger la coopération des grandes surfaces pour stocker les plats incriminés. Elle fait aussi ressortir qu’au nom de la lutte contre le gaspillage, le refus de les distribuer serait un non-sens.

Il y a aussi les récalcitrants qui, «pour une question de dignité, ne mangeraient pas ce dont les autres ne veulent pas». Soit. La viande chevaline reste pourtant une denrée très appréciée en Europe.

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