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Cosmos vendredi 04 janvier 2013

Découverte d’une très inhabituelle météorite martienne

ATS/AFP

NWA (Northwest Africa) 7034, la météorite récemment découverte est différente de toutes les autres: elle est très riche en eau. (DR)

NWA (Northwest Africa) 7034, la météorite récemment découverte est différente de toutes les autres: elle est très riche en eau. (DR)

Une météorite martienne de 2,1 milliards d’années découverte récemment en Afrique du Nord diffère de toutes celles trouvées jusqu’alors. Et cela en raison de sa richesse en eau et de sa similitude avec les roches analysées par les sondes de la NASA sur Mars, selon une étude publiée jeudi

«La roche basaltique – d’origine volcanique – contenue dans cette météorite est similaire à la composition de la croûte martienne ou de la partie supérieure du manteau de Mars», explique Carl Agee, de l’Université du Nouveau-Mexique (sud-ouest), un des principaux coauteurs de cette recherche parue dans la revue Science datée du 4 janvier.

«Nos analyses des isotopes de l’oxygène montrent que cette météorite, appelée NWA (Northwest Africa) 7034, est différente de toutes les autres, alors que sa composition chimique correspond à la formation du sol de Mars et à des interactions avec l’atmosphère de la planète rouge», ajoute-t-il.

Selon ce scientifique, l’abondance de molécules d’eau dans cette météorite (environ 6000 parties par million ou dix fois plus que dans les autres météorites martiennes connues) fait penser qu’elle se trouvait sur la surface de Mars il y a 2,1 milliards d’années.

L’eau a pu provenir d’une source volcanique ou d’un aquifère proche de la surface, ce qui laisse penser qu’une activité aqueuse a persisté à la surface de Mars durant tout le début de l’ère de l’Amazonien.

Un type de météorite rare

«Nos analyses du carbone montre également que la météorite a subi une seconde transformation à la surface de Mars qui explique la présence de macromolécules de carbone organique», relève Andrew Steele, de la Carnegie Institution, autre coauteur de l’étude.

Pour ce scientifique, «il s’agit de la météorite martienne la plus riche géochimiquement jamais trouvée et les analyses qui se poursuivent vont probablement révéler d’autres surprises».

Au total, une centaine de météorites d’origine martienne ont été retrouvées à ce jour. Il a fallu attendre les années 1980 pour que la science puisse déterminer l’origine de ces météorites à partir de l’étude des gaz atmosphériques piégés à l’intérieur des roches.

Curiosity, la sonde la plus sophistiquée jamais envoyée sur une autre planète, se trouve depuis début août dans le cratère de Gale sur l’équateur martien pour déterminer si la planète rouge a été propice à la vie microbienne dans son passé.

Les météorites d’origine martienne et lunaire sont rares. La plupart proviennent de la ceinture d’astéroïdes, région du système solaire située entre Mars et Jupiter. En 2012, la Meteoritical Society avait répertorié plus de 42 000 météorites, un nombre qui augmente d’environ 1500 chaque année.

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