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Finance lundi 01 novembre 2010

La période est idéale pour se lancer dans le marché des convertibles

Giuseppe Mirante*

Placements Sur douze ans, cette classe d’actifs surperforme les actions et les obligations. Elle pourrait continuer à tirer son épingle du jeu en tirant parti de la reprise des marchés boursiers et constituer une protection contre les risques d’inflation qui pourraient découler de la reprise économique

La dernière chronique publiée à la fin de l’été avait mis en évidence la surperformance des obligations convertibles par rapport aux actions depuis le début de l’année. En affinant l’analyse et en se basant sur une période plus longue, soit près de douze ans (depuis le 1er janvier 1999), on observe que la palme de la classe d’actifs la plus performante revient là aussi aux convertibles. Ces dernières battent même les obligations ordinaires (non-convertibles), comme le montre le graphique ci-contre.

Cela explique aussi certainement l’attrait (enfin) manifesté par des investisseurs toujours très affectés par les derniers soubresauts des bourses mondiales. Les marchés actions ne laissent en effet entrevoir que très peu de clés d’interprétation de leur évolution future. De plus, la qualité de cette surperformance est également supérieure: la volatilité (risque engendré) des convertibles reste beaucoup plus proche du risque impliqué par une obligation ordinaire, mais elle est également près de deux fois et demie inférieure à celles des actions (21%, contre 9%).

La sensibilité moyenne des obligations convertibles par rapport à l’évolution des actions (mesurée par le delta) évolue actuellement autour des 45%. Ce niveau, des plus intéressants, permettrait aux convertibles de voir leur corrélation avec les actions sous-jacentes se renforcer rapidement en cas de reprise plus marquée des bourses. Mais il indique aussi un point de désolidarisation rapide en cas de baisse des marchés boursiers. Par conséquent, il s’agit d’un vrai point d’inflexion, particulièrement commode, vu les incertitudes quant au timing de la reprise, maintenant si fortement annoncée par certains analystes.

La phase dans laquelle se trouvent les convertibles actuellement est aussi idéale du point de vue des écarts de crédit. En effet, les «credit spreads» se trouvent encore aujourd’hui à un niveau historiquement élevé par rapport à leur bande de fluctuation à plus long terme. En effet, après s’être resserrés drastiquement en 2009, passant de près de 1000 points de base à 350 points à fin mars 2010, ces écarts moyens avaient repris l’ascenseur pour s’établir à 600 points. Ils sont donc actuellement deux fois plus élevés que la borne supérieure historique, qui se situe à 250 points de base. Par conséquent, une performance supplémentaire pourra en découler.

Par ailleurs, il est difficile de miser sur une baisse des taux d’intérêt vu leur niveau actuel, déjà au plus bas historique. Ainsi, un mouvement de ce côté ne pourrait être que haussier. Une éventualité à prendre en compte si des risques inflationnistes – conséquence souvent logique d’une reprise économique – devaient finir par se matérialiser en 2011. En cas de hausse des taux d’intérêt, les obligations convertibles se trouveraient dans une position idéale. Elles se solidariseraient alors automatiquement et plus fortement avec les actions, en minimisant par la même occasion l’impact négatif d’un resserrement monétaire sur leur composante obligataire. Elles surperformeraient ainsi les obligations ordinaires, qui n’ont aucune protection naturelle de ce genre. Ce d’autant plus que la duration moyenne des convertibles est souvent très courte: elle se situe aux alentours de 2,8 années. Cette classe d’actif serait alors une protection plutôt efficace contre l’inflation pour les investisseurs, qui ont une préférence pour les obligations.

Si l’on résume, le timing de la reprise des actions reste incertain, les écarts de crédit sont encore élevés et un resserrement supplémentaire est à attendre puisque les taux d’intérêt ne peuvent que suivre une évolution ascendante à ce stade. Dans ce contexte, il y a fort à parier que les obligations convertibles vont encore continuer de tirer leur épingle du jeu et surperformer ainsi autant les actions que les obligations. Ce, surtout dans une optique de rendement ajusté au risque pris.

Ceci ne veut surtout pas dire que les investissements convertibles sont les seuls instruments à détenir en ce moment. Cependant, ne pas en détenir ou alors, pire encore, les négliger ou tout simplement oublier qu’elles existent serait une erreur magistrale. Elles restent dans la majeure partie des cas, des instruments beaucoup plus efficaces que certains produits structurés qui recherchent le même but. La plupart du temps, ces derniers ne l’atteignent jamais vraiment notamment à cause de leurs coûts de structuration.

* Responsable de l’équipe de gestion des fonds Global Convertible Bonds chez IFP Fund Management SA.