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médecine de pointe vendredi 07 décembre 2012

Zurich consolide sa position en matière de chirurgie cardiaque

Anne Fournier

La Ville et le canton de Zurich ont décidé d’unir leurs hôpitaux en matière de chirurgie cardiaque. Ils entendent ainsi conforter leur rôle dans la compétition qui se joue à l’échelle nationale

La ville et le canton de Zurich s’unissent pour renforcer leur position en matière de chirurgie cardiaque. A partir du 1er janvier 2013, l’Hôpital universitaire (USZ) et celui du Triemli, géré par la Ville, lanceront un programme de coordination. Ensemble ils formeront ensuite le «Centre universitaire cardiaque de Zurich», ont annoncé vendredi les autorités réunies pour une conférence de presse.

Ce rapprochement intervient à un moment clé dans la politique nationale de la médecine de pointe. Les trois centres universitaires de Lausanne, Berne et Zurich se disputent le privilège des transplantations cardiaques en Suisse. Une trentaine est effectuée chaque année. Une décision rationnelle plaiderait pour la concentration sur un seul site. Le fédéralisme devrait plutôt faire pencher la balance vers deux voire trois sites.

Cette bataille a bien sûr stimulé le rapprochement-guère évident-des deux centres zurichois. «Nous ne voulons pas le cacher», a reconnu la socialiste Claudia Nielsen, municipale responsable de la santé et associée pour cette présentation au ministre libéral-radical Thomas Heiniger. Les deux hôpitaux zurichois réalisent ensemble quelque 1300 interventions cardiaques par an. «Nous devons tout entreprendre pour rester concurrentiels au niveau national et international.» Pour ce faire, on préfère la concentration: avec un centre unique, le nombre de cas à traiter croît.

Tout ne s’est pas décidé sans frictions. Ces derniers mois, l’idée d’un contrat commun a buté sur des résistances, chaque institution se disputant l’honneur du futur centre. A cette lutte zuricho-zurichoise est venu s’ajouter le départ du chirurgien star de l’Hôpital des enfants René Prêtre, aujourd’hui actif au CHUV à Lausanne. Désormais cette union doit «accroître la qualité des interventions et la situation économique», insistent les politiques. Pour ce faire, les équipes de médecins. s’associeront progressivement. A partir de 2014, le «Centre universitaire cardiaque» s’installera dans l’USZ. En guise de consolation, le Triemli disposera d’un autre point fort au niveau universitaire.

Zurich veut défendre son statut de pôle pour les transplantation sans dispute «interne». En 2010, les dix directeurs cantonaux de la Santé appelés à trancher ont repoussé leur choix. Genève et Lausanne ont joué la carte de la collaboration et mis sur pied un pôle romand. La compétition reste très vive entre Berne, associé à Bâle, et Zurich, qui peut compter sur la Suisse centrale et oriental. Une décision n’est pas attendue avant la fin de l’an prochain.

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