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Printemps arabes samedi 25 février 2012

Les écrivains face aux révolutions

Un manifestant égyptien assis devant les forces de sécurité lors des émeutes au Caire en novembre 2011. (EPA/KHALED ELFIQI )

Un manifestant égyptien assis devant les forces de sécurité lors des émeutes au Caire en novembre 2011. (EPA/KHALED ELFIQI )

Le Samedi Culturel a demandé à trois écrivains, l’Egyptien Alaa El Aswany, le Libyen Ibrahim Al Koni et la Tunisienne Noura Bensaad, de décrire les transformations en cours dans leurs pays

L es écrivains sont au cœur des révolutions en cours dans les pays arabes. Le Temps leur a donné la parole dès 2008 au Caire, au moment où l’idée de voir le régime à terre prenait corps chez les intellectuels. Pour clore cette semaine anniversaire du Printemps arabe, saluée par les reportages en Tunisie, en Libye et en Egypte de nos journalistes, le Samedi Culturel a demandé à trois écrivains, l’Egyptien Alaa El Aswany, le Libyen Ibrahim Al Koni et la Tunisienne Noura Bensaad de décrire les transformations en cours, de définir les attentes, les déceptions, les espoirs et les craintes, dans leur pays, un an après le déclenchement des révolutions. Ils nous ont répondu prestement, avec l’évidence de celles et de ceux qui se tiennent sur le front des mots, du soir au matin, sans relâche. Qu’ils en soient ici remerciés.

Il fallait aussi saluer le travail des éditeurs littéraires, souvent frondeurs, qui ont porté à bout de bras les prises de position des écrivains. Nous avons ainsi été prendre des nouvelles de la maison d’édition Merit au Caire.

Avant la chute des dictatures, les romanciers dénonçaient par tout le spectre littéraire (romans, essais, poésie, etc.) les exactions du régime, l’enlisement dans la misère des populations, la dépression des uns, la compromission des autres, bref, le verrouillage de tout espoir.

Maintenant que les têtes sont tombées, ils se font tribuns, chroniqueurs ou blogueurs. Le temps, long, du roman, n’est pas encore revenu. Pour le moment, il s’agit d’écrire sur le vif tout en gardant la tête froide, de conserver le point de vue du guetteur, de l’analyste. Chacun à leur façon (un conte caustique pour Alaa El Aswany, une analyse philosophique pour Ibrahim Al Koni et un billet sur le vif pour Noura Bensaad), ils mettent à nu les rouages durs, ­crissants, sanglants, des bouleversements de cette région du monde. Ce qui frappe aussi, c’est que l’événement prend, sous la plume de l’écrivain, une dimension immédiatement universelle. Un vœu pour finir: que ces textes donnent l’envie de découvrir l’œuvre de leurs auteurs.

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