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Union européenne vendredi 08 février 2013

Le Parlement européen refuse d’accepter «en l’état» le budget 2014-2020

AFP

Le président du Parlement européen Martin Schulz. Cinq des présidents des groupes parlementaires européens se sont opposés au projet de budget élaboré par les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres. (Keystone)

Le président du Parlement européen Martin Schulz. Cinq des présidents des groupes parlementaires européens se sont opposés au projet de budget élaboré par les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres. (Keystone)

Les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement européen (conservateurs, socialistes, libéraux et Verts) ont annoncé vendredi qu’ils refuseraient d’accepter «en l’état» le budget pluriannuel européen qui, selon eux, «ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne»

«Cet accord ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne. Au contraire, il ne fera que l’affaiblir. Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens européens», ont estimé dans un communiqué commun Joseph Daul (PPE, conservateurs), Hannes Swoboda (socialistes), Guy Verhofstadt (Libéraux), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (Verts).

«Le Parlement européen ne peut accepter en l’état l’accord trouvé aujourd’hui (vendredi) au Conseil européen. Nous regrettons que M. Van Rompuy n’ait pas parlé, ni négocié avec nous au cours des derniers mois», ont indiqué les parlementaires.

Dans un communiqué distinct, le président de la commission des budgets du Parlement européen, Alain Lamassoure (PPE), a indiqué qu’il recommanderait à ses pairs «de remettre en cause» l’accord conclu vendredi car il prive l’UE «de toute marge de manœuvre budgétaire pour sept ans».

Une position à l’encontre des Etats membres

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont mis d’accord vendredi, à l’issue d’un sommet marathon, sur un budget d’austérité pour les sept prochaines années, en baisse pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne.

«C’est maintenant que les véritables négociations vont commencer, avec le Parlement européen», ont prévenu les chefs des groupes parlementaires. «Nous maintiendrons les priorités que nous avons clairement indiquées à plusieurs reprises», ont-ils insisté.

Selon les chefs des quatre principaux groupes du Parlement européen, le budget adopté par les dirigeants des 27 va mener «à un déficit structurel».

Ils ont souhaité une révision de ce budget d’ici deux ou trois ans en expliquant qu’ils ne pouvaient accepter «un budget d’austérité pour sept ans», et appelé à la mise en place de véritables nouvelles ressources propres pour le budget européen qui viendraient progressivement remplacer le système actuel fondé sur les contributions nationales.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a tenté de répondre aux inquiétudes des parlementaires en affirmant, à l’issue du sommet, que les dirigeants européens avaient prévu de revoir le budget pluriannuel d’ici deux ans «pour voir comment est le tableau».

Il s’agit de permettre «plus de flexibilité», a expliqué Angela Merkel.

Le Parlement européen se prononcera sur le budget lors de sa session plénière en juillet. Sans l’accord du Parlement, le budget ne pourra pas entrer en vigueur.

«Le Parlement européen doit à son tour prendre ses responsabilités. Le budget européen n’est pas une opération comptable. La vie, la survie de régions, de groupes sociaux entiers en dépendent», a mis en garde le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

«Il faut vraiment prendre ses responsabilités, nous avons pris les nôtres, j’espère que le Parlement européen prendra les siennes», a-t-il insisté.

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