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comment les directeurs d’entreprises s’informent-ils? vendredi 12 août 2011

«Ma source d’information, c’est l’Intranet»

(Charly Rappo)

(Charly Rappo)

Responsable de l’expansion mondiale du fabricant fribourgeois de capteurs industriels Contrinex, Annette Heimlicher a imposé l’utilisation du BlackBerry à l’ensemble de la direction

«Wo de míngzì shi Annette Heimlicher». Et la dirigeante de Contrinex ne sait pas seulement dire comment elle s’appelle en mandarin. Depuis deux ans, elle prend des cours de chinois. «Je n’apprends pas les symboles, je fais uniquement des cours de discussion et contrairement à ce que beaucoup croient, c’est accessible.»

Souhaite-t-elle ainsi avoir un accès privilégié à l’information sur le deuxième marché du fabricant de capteurs industriels de Givisiez, qui affiche un chiffre d’affaires 2010 consolidé de 65 millions de francs? Non, mais forte de son expérience de pénétration du marché brésilien – pour lequel elle a assimilé le portugais – la jeune femme de 34 ans sait combien les relations personnelles comptent dans les affaires. «L’information circule toujours mieux dans la langue de mes interlocuteurs», constate-t-elle.

Génération «tout mobile»

Pendulaire entre Zurich et le siège fribourgeois, deux à trois jours par semaine, elle profite de ses trajets en train pour répondre à ses ­e-mails – elle en reçoit entre 30 et 50 par jour. Bien qu’abonnée à la NZZ papier, elle profite également de ces temps de trajet pour s’informer plutôt sur la plate-forme online du journal, notamment via son iPad. Abonnée à des magazines spécialisés et adepte des journaux télévisés (CNN quand elle est en déplacement) et des émissions d’actualité économiques et politiques (comme «Cash» et «Eco» sur SF1), la dirigeante avoue que le print recueille de moins en moins ses faveurs. Elle fait partie de la génération «tout mobile». Ainsi, elle a imposé à son père Peter et à toute la direction d’utiliser un BlackBerry pour faciliter le flux d’information et les prises de décision. «Il a fallu neuf mois pour que le système soit rodé, que chacun applique les règles et joue le jeu. Depuis, chez Contrinex, nous sommes beaucoup plus efficaces. Nous pouvons prendre des décisions en quatre heures, indépendamment des voyages des uns et des autres.»

Pour connaître les développements des concurrents ou l’état du marché, sa principale source d’information est l’Intranet de Contrinex, son «Facebook pour les affaires», où les flux RSS de tous les concurrents ont été intégrés. «Chaque employé (ndlr: le fabricant en compte 500 à travers le monde) peut également y poster les informations qu’il juge intéressantes et le système marche bien», poursuit la jeune mariée. Celle-ci possède un compte Facebook personnel, mais avec lequel elle reste très prudente. «C’est ma vie privée», sourit celle qui a également un compte LinkedIn et Xing.

Pour la communication, elle ambitionne d’intégrer les outils les plus modernes dans cette entreprise industrielle. «Dès que nous aurons rendu notre site internet plus inter­actif, je souhaite développer un contenu pour la force de vente. Concrètement, j’imagine munir les vendeurs d’iPad afin qu’ils puissent montrer directement aux clients des solutions pour les applications de nos produits, par exemple via des vidéos ou des animations en 3D.»

Soit un coup de pouce supplémentaire pour atteindre l’objectif de croissance, fixé à 15% cette année. «Ce chiffre peut se confirmer, si les marchés ne chutent pas en deuxième moitié de l’année», ­conclut-elle.

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