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france lundi 17 décembre 2012

La Belgique refuse d’être le bouc émissaire de l’affaire Depardieu

AFP

Le boucher d’Estaimpuis (Belgique) a immortalisé le 7 décembre la visite dans son magasin de Gérard Depardieu. (AFP)

Le boucher d’Estaimpuis (Belgique) a immortalisé le 7 décembre la visite dans son magasin de Gérard Depardieu. (AFP)

«Il faut regarder les faits et pour quelles raisons des citoyens décident à un moment de quitter leur propre pays, même si ces raisons sont fiscales» selon le vice-premier ministre belge Didier Reynders, interrogé sur l’exil dans son pays du comédien français

La Belgique refuse d’être le «bouc émissaire» dans l’affaire de l’exil de l’acteur Gérard Depardieu, a déclaré lundi le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, et ex ministre des Finances, qui a conseillé à Paris de s’interroger sur les raisons, y compris fiscales, de ce départ.

«Nous ne comprenons pas cette façon de trouver un bouc émissaire en disant qu’il y a un pays voisin où les Français vont se réfugier. Il n’y a eu aucune mesure prise en Belgique pour attirer un quelconque citoyen français», a déclaré le chef du gouvernement belge sur RTL.

En revanche, a-t-il rappelé, «il y a eu une évolution du système fiscal français qui a peut-être des conséquences». «Les mesures prises en France ont peut-être, elles, entraîné des mouvements», a-t-il encore dit, alors que le gouvernement socialiste français a décidé, dans le cadre de sa politique de rigueur budgétaire, d’imposer une taxe de 75% sur les plus hauts revenus.

«Il faut regarder les faits et pour quelles raisons des citoyens décident à un moment de quitter leur propre pays, même si ces raisons sont fiscales», a-t-il insisté.

Interrogé sur la demande de Paris d’une harmonistation fiscale européenne, le chef de la diplomatie belge s’y est dit favorable, tout en soulignant que cela «ne veut pas dire que tout le monde va s’aligner sur les décisions prises à Paris».

«Il ne faut pas demander à toute l’Europe d’appliquer le système français», a-t-il dit, soulignant notamment qu’ «il n’y a aucune majorité en Belgique pour appliquer un taux de 75% sur des revenus, qui sont souvent du travail».

S’estimant «injurié» sur son exil fiscal en Belgique, Gérard Depardieu a annoncé dimanche qu’il rendait son passeport français et se renseignait sur la possibilité de prendre la nationalité belge.

Selon M. Reynders, cette décision est de la compétence du parlement belge. «Cela peut se faire dans des délais relativement courts, c’est l’affaire de quelques mois, a-t-il dit.

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